Washington enterre les limites d’émissions polluantes imposées aux centrales électriques
Le secteur énergétique représente près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre des États-Unis..
Le gouvernement américain dirigé par Donald Trump a annoncé le 14 septembre 2026 l'abrogation des limites d'émissions de gaz à effet de serre imposées aux centrales électriques. Cette décision a été dévoilée lors de la réunion des ministres de l'Énergie du G20 à Houston. Elle va au-delà de la simple suppression des règles adoptées en 2024 sous la présidence de Joe Biden, car elle interdit toute future réglementation dans ce domaine. Le secteur énergétique américain représente près d'un quart des émissions de gaz à effet de serre du pays, qui est le premier pollueur historique au monde. Lee Zeldin, administrateur de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), a justifié cette mesure en déclarant vouloir supprimer les « lourdeurs bureaucratiques » pour libérer le potentiel énergétique américain. Il a également affirmé que l'EPA ne céderait pas à l'« alarmisme climatique » et a accusé les journalistes de chercher à effrayer le public.
Les associations de protection de l'environnement ont vivement critiqué cette décision. Rachel Cleetus, de l'organisation Union of Concerned Scientists, a dénoncé un renforcement des profits de l'industrie des énergies fossiles au mépris de la santé publique. Elle a qualifié l'action de l'EPA de « cruelle » et a souligné que l'agence semblait s'en vanter avec « jubilation ». Plus de 200 soignants et experts avaient déjà exprimé leur inquiétude en 2025, qualifiant cette mesure de « cadeau flagrant aux pollueurs ». Meredith Hankins, juriste au sein de l'organisation NRDC (Natural Resources Defense Council), a évoqué des « contradictions » dans le raisonnement de l'EPA et a annoncé son intention de contester la décision devant les tribunaux. D'autres associations environnementales ont également annoncé leur volonté de saisir la justice.
L'EPA a justifié sa décision en affirmant que les objectifs de réduction des émissions fixés par le Clean Air Act de Joe Biden étaient impossibles à atteindre. L'agence a également avancé un argument juridique selon lequel elle n'aurait pas le pouvoir de réglementer les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur de l'électricité. Même si elle en avait la capacité, une telle mesure serait selon elle inefficace pour lutter contre le changement climatique mondial. L'EPA a précisé que cette décision ne concernait que les gaz à effet de serre, tout en garantissant que les autres substances polluantes continueraient d'être régulées. En 2025, les centrales à gaz naturel représentaient 41 % de la production électrique totale des États-Unis, tandis que celles à charbon en représentaient 17 %, selon des données gouvernementales.
Cette mesure s'inscrit dans une série de reculs environnementaux opérés par l'administration Trump depuis son retour à la Maison-Blanche en 2025. Le président américain a notamment retiré les États-Unis de l'Accord de Paris et démantelé plusieurs normes environnementales. En début d'année 2026, il a aboli le texte fondateur de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre dans le pays, une décision largement contestée par les scientifiques et les défenseurs de l'environnement. Parallèlement, les États-Unis ont connu l'été 2026 le plus chaud de leur histoire, accompagné d'une sécheresse généralisée. La demande en électricité a également explosé en raison du développement de l'intelligence artificielle (IA), dont les centres de données sont très énergivores.
Le secteur électrique américain est l'un des principaux contributeurs au réchauffement climatique mondial. Si on le considérait comme un pays, il serait le 6ᵉ plus grand pollueur au monde, selon une analyse de 2025 réalisée par l'*Institute for Policy Integrity*. Cette décision de dérégulation vise à « libérer le plein potentiel énergétique » du pays, selon Lee Zeldin, qui évoque des économies se chiffrant en centaines de milliards de dollars. Cependant, ce calcul est contesté par les experts. Les associations environnementales soulignent que cette mesure risque d'aggraver les problèmes de santé publique et de contribuer à l'aggravation du changement climatique, alors que les États-Unis font déjà face à des défis environnementaux majeurs.

