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La fusée Ariane 6 peut emmener des humains en orbite — reste à savoir si l'Europe s'en donne les moyens

Science & Vie · mis à jour il y a 12 j

Le patron d'ArianeGroup affirme qu'Ariane 6 peut techniquement transporter des astronautes. À deux jours du sommet spatial de Paris, l'Europe doit décider si elle finance enfin son propre vol habité..

Ariane 6 : un potentiel humain

La fusée Ariane 6, développée par l’Agence spatiale européenne (ESA), est conçue pour transporter des satellites et des charges lourdes en orbite. Techniquement, ses capacités lui permettent aussi d’emporter des humains, comme le font les fusées américaines SpaceX ou les russes Soyouz. Cependant, cette fonction n’a jamais été officiellement prévue dans son cahier des charges initial. L’article souligne que, contrairement à la Chine ou aux États-Unis, l’Europe n’a pas encore développé de vaisseau spatial habité depuis l’arrêt de la navette Hermès en 1992. Aujourd’hui, les astronautes européens doivent embarquer à bord de vaisseaux étrangers, comme ceux de la NASA ou de SpaceX, pour rejoindre l’espace. Ariane 6 pourrait donc combler ce retard, mais cela dépendra des décisions politiques et budgétaires des pays membres de l’ESA.

L'Europe en retard spatial

L’Europe accuse un retard significatif dans le domaine des vols habités. Depuis 1992, aucun astronaute européen n’a décollé à bord d’un lanceur européen. Les missions actuelles reposent sur des partenariats avec les États-Unis ou la Russie, ce qui expose l’Europe à des risques géopolitiques. Par exemple, après l’invasion de l’Ukraine en 2022, l’ESA a dû suspendre sa coopération avec la Russie, privant l’Europe d’un accès indépendant à l’espace. L’article mentionne que l’ESA a lancé un appel d’offres en 2023 pour développer un vaisseau habité européen, mais les négociations traînent. Sans une volonté politique forte, l’Europe pourrait continuer à dépendre des autres puissances spatiales, comme elle le fait depuis plus de 30 ans.

Ariane 6 : une solution possible

Ariane 6, dont le premier vol est prévu pour 2024, est présentée comme une solution potentielle pour relancer les vols habités européens. Ses caractéristiques techniques, comme sa capacité à emporter une capsule habitée de plusieurs tonnes, la rendent adaptée à cette mission. Cependant, modifier un lanceur conçu pour des satellites en un vaisseau habité nécessite des adaptations coûteuses et complexes. Par exemple, il faudrait ajouter un système de sauvetage en cas d’avarie (Launch Escape System), des sièges pour les astronautes et des dispositifs de survie. L’article souligne que ces modifications n’ont pas encore été officiellement planifiées, faute de budget et de consensus politique. Les États membres de l’ESA doivent donc trancher : investir dans cette voie ou continuer à dépendre des autres nations spatiales.

Enjeux économiques et politiques

Le développement d’un vaisseau habité européen représenterait un investissement majeur pour les pays membres de l’ESA. Par exemple, le programme Artemis de la NASA, qui vise à renvoyer des humains sur la Lune, coûte plusieurs milliards de dollars par an. L’Europe, déjà engagée dans des projets comme la station spatiale internationale (ISS) ou le programme Moonlight (un service de communication lunaire), pourrait devoir prioriser ses dépenses. L’article évoque aussi la concurrence entre les nations : les États-Unis, la Chine et même l’Inde développent leurs propres capacités habitées. Sans une stratégie claire, l’Europe risque de perdre son influence dans l’exploration spatiale, un secteur en pleine expansion avec un marché estimé à plusieurs centaines de milliards d’euros d’ici 2030.

Ce que ça pourrait changer

Les choix décisifs pour l’avenir des vols habités européens devraient intervenir en 2026, lors de la prochaine conférence ministérielle de l’ESA. À cette occasion, les États membres devront voter sur les budgets et les priorités du programme spatial européen. L’article indique que certains pays, comme la France ou l’Allemagne, poussent pour un vaisseau habité européen, tandis que d’autres, comme l’Italie ou l’Espagne, privilégient des projets moins coûteux. Sans accord, l’Europe pourrait se contenter de missions robotiques, comme elle le fait actuellement avec des satellites ou des rovers martiens. Le risque serait alors de voir l’Europe devenir un acteur secondaire dans l’exploration spatiale, dépendant des autres pour envoyer ses astronautes dans l’espace.

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