Des garde-fous de ChatGPT pour adolescents ne fonctionneraient pas
Des parents, des éducateurs et des experts en développement de l’enfant sonnent l’alarme..
Un rapport publié le 7 octobre 2026 par Common Sense Media, une organisation spécialisée dans la protection des jeunes dans le numérique, alerte sur les défauts des garde-fous intégrés dans ChatGPT pour adolescents développé par OpenAI. Selon cette étude, l’outil présenterait un « risque inacceptable » pour les enfants, malgré les promesses d’OpenAI. L’association recommande de réserver l’accès à ChatGPT aux adultes jusqu’à ce que les mesures de sécurité soient jugées fiables. Les experts soulignent que les adolescents, dont le cerveau n’est pas encore pleinement mature, sont particulièrement vulnérables aux dérives liées à l’intelligence artificielle (IA), comme la tricherie scolaire ou des comportements autodestructeurs.
Parmi les fonctionnalités défaillantes identifiées par Common Sense Media, figurent les alertes aux parents en cas de signes de suicide, d’automutilation ou de troubles alimentaires chez un adolescent. Ces mécanismes, censés protéger les jeunes, ne fonctionneraient pas comme prévu, laissant les familles sans signalement en cas de danger. Par ailleurs, l’accompagnement des adolescents en situation de crise serait également inefficace. Le rapport précise que ChatGPT continue de s’adresser aux utilisateurs comme à un ami, même lorsque ceux-ci le traitent comme une personne, renforçant ainsi un risque de dépendance ou de confusion émotionnelle.
OpenAI, l’entreprise californienne à l’origine de ChatGPT, affirme être « profondément engagée en faveur de la sécurité des adolescents » et avoir mis en place des outils pour les parents. Cependant, l’entreprise conteste les conclusions du rapport, arguant que les tests de Common Sense Media ont été réalisés avant la finalisation des contrôles parentaux, rendant leurs résultats « inexacts ». OpenAI avait pourtant promis que son IA ne pourrait pas simuler des émotions ou laisser croire qu’elle éprouve des sentiments envers ses utilisateurs.
Les experts en développement de l’enfant mettent en garde contre un phénomène appelé anthropomorphisation : les utilisateurs, notamment les adolescents, peuvent projeter des intentions humaines sur une IA, développant ainsi des relations malsaines avec elle. Ce risque est accru par le fait que le cerveau des adolescents n’est pas encore mature, ce qui les rend plus sensibles aux manipulations ou aux influences extérieures. Common Sense Media craint que les parents ne soient trompés par une fausse impression de sécurité, les mesures de protection annoncées ne fonctionnant pas toujours en pratique.
*Common Sense Media*, qui a publié le rapport, reçoit des **financements d’OpenAI et d’autres entreprises technologiques**, y compris celles qu’elle évalue. Cette situation soulève des questions sur l’**indépendance** des évaluations. Malgré cela, l’organisation insiste sur la nécessité d’une **« utilisation raisonnable des médias numériques »** pour les jeunes. Les parents, éducateurs et experts interrogés dans l’article expriment des inquiétudes croissantes face à l’utilisation de l’IA par les adolescents, citant des cas de tricherie scolaire ou de comportements à risque facilités par ces outils.

