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Des technologies anti-drones testées en Alberta

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 19 j

Le ministère de la Défense a organisé un atelier de développement de technologies anti-drones à Suffield..

Drones et guerre

Les drones ont profondément transformé les stratégies militaires ces dernières années. Selon Gabriel Doré, commandant de la force opérationnelle de réaction aux menaces liées aux drones des Forces armées canadiennes, ces appareils ont changé la façon de faire la guerre en rendant les conflits plus accessibles et moins coûteux. En effet, les drones sont moins chers à fabriquer, plus faciles à utiliser et peuvent être détruits sans conséquence majeure, contrairement aux avions de combat traditionnels. Leur coût réduit permet aux armées de s’en servir en plus grande quantité, modifiant ainsi l’économie de la guerre. Par exemple, un drone peut coûter quelques milliers d’euros, alors qu’un avion de combat dépasse souvent les 100 millions d’euros. Ces appareils sont également équipés de technologies avancées comme la réalité virtuelle pour le pilotage ou l’intelligence artificielle pour les identifier, ce qui les rend encore plus efficaces sur le champ de bataille.

Atelier anti-drones

Pour s’adapter à cette nouvelle réalité, le ministère canadien de la Défense nationale a organisé un atelier de développement de technologies anti-drones sur la base militaire de Suffield, dans le sud-est de l’Alberta. Cet événement, qui s’est déroulé du 14 septembre au 9 octobre, réunissait 22 entreprises issues de six pays différents. L’objectif était de tester des systèmes de défense contre les drones dans un environnement contrôlé et réaliste. Cet atelier s’inscrit dans le cadre du programme Innovation pour la défense, l’excellence et la sécurité, qui vise à accélérer le développement de solutions technologiques pour les forces armées. Le Canada cherche ainsi à se préparer aux menaces posées par les drones, notamment en s’inspirant des conflits récents comme la guerre en Ukraine ou les tensions en Iran, où ces appareils jouent un rôle clé dans les stratégies offensives.

Expertise ukrainienne

Des représentants des Forces armées ukrainiennes ont participé à l’atelier pour partager leur expérience et conseiller les entreprises sur l’amélioration de leurs technologies. Parmi eux, le major Sergey Kuzyara, spécialiste de la défense aérienne, a expliqué que les drones seront de plus en plus utilisés dans les années à venir, tant dans les airs que sur le terrain. Il a souligné que les prochains conflits pourraient opposer directement des drones entre eux, donnant un avantage aux pays capables de développer rapidement des technologies plus performantes. Selon lui, l’innovation sera déterminante pour dominer ces affrontements futurs. L’Ukraine, qui a accumulé une expertise précieuse dans la lutte anti-drone, sert ainsi de laboratoire pour les autres nations.

Technologies testées

Parmi les technologies présentées lors de l’atelier, une solution laser développée par l’entreprise australienne AIM Defence a retenu l’attention. En 2024, lors d’un précédent atelier, cette entreprise avait présenté un laser capable de brûler des drones en plein vol, une innovation qui lui avait valu une bourse de 1 million de dollars. Selon Jenelle Frewen, directrice des initiatives stratégiques d’AIM Defence, le système a depuis été amélioré : sa portée a été doublée, sa puissance augmentée, et il peut désormais fonctionner de nuit. Ce laser, capable de faire fondre de l’acier, est désormais utilisé sur des champs de bataille situés sur trois continents. L’entreprise a également ouvert des bureaux au Canada pour se rapprocher de ses clients potentiels.

Ce que ça pourrait changer

L’atelier de Suffield illustre l’urgence pour les armées de se doter de solutions efficaces contre les drones, une menace qui évolue rapidement. Les conflits récents, comme la guerre en Ukraine, ont montré que ces appareils peuvent changer le cours des batailles, notamment en ciblant des infrastructures critiques ou en perturbant les communications. Le Canada, comme d’autres pays, investit dans des programmes comme celui de Suffield pour anticiper ces défis. Avec un budget de 50 millions de dollars supplémentaires alloué à une nouvelle base de contrôle de drones à Ottawa, les Forces armées canadiennes renforcent leurs capacités de surveillance et de neutralisation. L’objectif est de préparer le pays à faire face à des menaces drones, que ce soit sur son territoire ou lors de déploiements à l’étranger.

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