Esther Lynch : « 130 millions de personnes sont exposées au stress thermique sur leur lieu de travail »
En vingt ans, le nombre de décès liés aux hausses des températures sur le lieu de travail a augmenté de 42 %. Face à ce phénomène, qui risque d’empirer ces prochaines années avec les bouleversements climatiques, la dirigeante de la Confédération européenne des syndicats, Esther Lynch réclame une législation contraignante..
Le stress thermique désigne l’ensemble des risques pour la santé liés à une exposition prolongée à des températures élevées, souvent combinées à une forte humidité ou à un effort physique intense. Selon Esther Lynch, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), 130 millions de travailleurs en Europe sont aujourd’hui exposés à ce phénomène sur leur lieu de travail. Cette situation s’aggrave avec l’augmentation des vagues de chaleur, directement liée au changement climatique. Les secteurs les plus touchés incluent l’agriculture, le BTP, la logistique ou encore les industries en extérieur, où les températures peuvent dépasser les seuils supportables par le corps humain.
Entre 2006 et 2026, le nombre de personnes exposées aux vagues de chaleur au travail dans l’Union européenne a augmenté de 60 %. Pire encore, les décès liés à ces conditions ont progressé de 42 % sur la même période. Les principales causes de mortalité incluent les coups de chaleur, les déshydratations sévères et les accidents indirects, comme les inondations qui perturbent les infrastructures. Ces chiffres soulignent l’urgence d’agir, d’autant que les épisodes de canicule deviennent plus fréquents et intenses avec le réchauffement climatique.
Face à cette crise, la CES, qui représente 94 organisations syndicales dans 42 pays, exige une législation contraignante au niveau européen pour protéger les travailleurs. Esther Lynch plaide pour des températures maximales spécifiques adaptées à chaque type d’activité, ainsi que pour des mesures concrètes comme des temps de pause prolongés, un accès illimité à l’eau potable et un droit de retrait en cas de danger. Ces revendications visent à forcer les employeurs à adapter leurs pratiques, alors que les températures extrêmes risquent de s’aggraver dans les années à venir.
La Confédération européenne des syndicats (CES) intervient dans un contexte où les États membres de l’UE doivent concilier compétitivité économique et protection des travailleurs. Les négociations en cours portent sur l’intégration de ces mesures dans le *droit du travail* européen, un processus complexe qui nécessite l’accord des gouvernements et des partenaires sociaux. La CES insiste sur la nécessité d’agir rapidement, car les vagues de chaleur ne sont plus des exceptions saisonnières, mais des phénomènes récurrents qui transforment durablement les conditions de travail.

