Ces 485 substances présentes dans les pesticides pourraient être liées au cancer du sein
Un produit phytosanitaire ne se résume jamais à sa seule molécule active. Sa formule complète mêle des dizaines d'ingrédients rarement passés au crible côté santé.
Une étude récente a identifié 485 substances chimiques présentes dans les pesticides qui pourraient être associées à un risque accru de développer un cancer du sein. Ces substances sont principalement utilisées dans l'agriculture pour protéger les cultures contre les insectes, les champignons ou les mauvaises herbes. Parmi elles, certaines sont déjà connues pour leurs propriétés endocriniennes, c'est-à-dire qu'elles interfèrent avec le système hormonal du corps humain. Par exemple, des molécules comme les perturbateurs endocriniens peuvent imiter ou bloquer l'action des hormones naturelles, comme les œstrogènes, qui jouent un rôle clé dans le développement et la croissance des cellules mammaires. L'étude souligne que ces substances sont présentes dans notre environnement quotidien, notamment dans les aliments, l'eau ou l'air, en raison de leur utilisation massive en agriculture. Leur présence ne signifie pas qu'elles provoquent systématiquement un cancer, mais elles sont considérées comme des facteurs de risque potentiels qui pourraient favoriser le développement de la maladie, surtout en cas d'exposition prolongée ou à des doses élevées.
Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde, avec plus de 2,3 millions de nouveaux cas diagnostiqués chaque année selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les causes de cette maladie sont multiples et incluent des facteurs génétiques, hormonaux et environnementaux. Parmi les facteurs environnementaux, l'exposition à certaines substances chimiques, comme celles retrouvées dans les pesticides, est de plus en plus étudiée. Les chercheurs estiment que ces substances pourraient agir de deux manières : soit en endommageant directement l'ADN des cellules mammaires, soit en perturbant le fonctionnement normal des hormones, ce qui favoriserait la croissance de cellules cancéreuses. L'étude ne prouve pas un lien de causalité directe entre ces 485 substances et le cancer du sein, mais elle établit une corrélation statistique entre leur présence et une augmentation des cas de cette maladie dans certaines populations exposées, notamment les agricultrices ou les femmes vivant près de zones agricoles intensives.
Les pesticides sont des produits chimiques utilisés depuis des décennies pour protéger les cultures agricoles. Ils se divisent en plusieurs catégories, selon leur cible : les insecticides (contre les insectes), les fongicides (contre les champignons), les herbicides (contre les mauvaises herbes) et les rodonticides (contre les rongeurs). Parmi les substances identifiées dans l'étude, certaines sont des néonicotinoïdes, une classe d'insecticides très répandue depuis les années 1990, mais aujourd'hui controversée en raison de leur impact sur les abeilles et d'autres pollinisateurs. D'autres substances appartiennent à la famille des organochlorés, comme le DDT, un pesticide interdit dans de nombreux pays depuis les années 1970 en raison de sa toxicité persistante dans l'environnement. Ces produits chimiques peuvent persister dans les sols, les eaux ou les aliments pendant des années, voire des décennies, et s'accumuler dans la chaîne alimentaire, exposant ainsi les humains à des doses faibles mais continues.
L'exposition aux pesticides peut se produire de plusieurs manières : par l'alimentation (fruits, légumes, céréales), par l'eau potable (notamment dans les régions agricoles), ou par l'air (dérive des pulvérisations). Les autorités sanitaires, comme l'**Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA)** ou l'**Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES)** en France, fixent des *limites maximales de résidus* (LMR) pour chaque substance autorisée dans les aliments. Ces limites sont calculées pour protéger la population, mais des études récentes suggèrent que même à des doses inférieures à ces seuils, certaines substances pourraient avoir des effets néfastes à long terme. Pour réduire son exposition, les experts recommandent de laver soigneusement les fruits et légumes, de privilégier les produits issus de l'agriculture biologique, et de limiter la consommation d'aliments transformés contenant des additifs ou des résidus de pesticides. Cependant, l'étude ne propose pas de solution immédiate pour éliminer ces risques, mais elle souligne l'importance de poursuivre les recherches pour mieux comprendre les mécanismes en jeu.

