Lecornu appelle à des couvre-feux pour éviter des émeutes et des pillages en France
Le premier ministre a également défendu l’action des forces de l’ordre, confrontées à des groupes violents..
Samedi 18 octobre 2026, la France a connu des émeutes et des pillages dans plusieurs villes, notamment Paris, Lyon, Marseille et Limoges. Ces violences ont ciblé des mairies, des bâtiments publics et environ 3000 commerces, selon les estimations des autorités. Les manifestations, initialement organisées contre la hausse du coût de la vie et les mauvaises conditions dans les écoles, ont dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre. Le premier ministre Sébastien Lecornu a souligné que, malgré l’ampleur des destructions, aucun mort n’a été recensé, qualifiant cette absence de victimes de « miracle ». Les violences ont été attribuées à des groupes de casseurs, de pilleurs et de militants d’ultragauche, décrits comme « extrêmement mobiles » par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
Face à cette situation, le gouvernement français a décidé de mettre en place des couvre-feux partiels et très localisés pour éviter de nouvelles émeutes. Sébastien Lecornu a ordonné aux préfets, qui sont les représentants de l’État dans les régions, d’instaurer ces mesures restrictives sans préciser immédiatement les zones concernées. Parallèlement, le président Emmanuel Macron a refusé la démission du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, insistant sur la nécessité de maintenir un commandement stable des forces de l’ordre. Macron a également demandé une transparence sur les défaillances d’anticipation et de renseignement ayant conduit aux violences, ainsi que la mise en place de nouveaux modes d’action pour les forces de sécurité. À Marseille, un préfet a déjà interdit tout rassemblement de midi à 20 heures le lundi 19 octobre.
Laurent Nuñez a reconnu une « perte de contrôle » samedi dans certaines grandes villes, où des centaines de commerces ont été pillés, comme à Limoges où l’hôtel de ville du XIXe siècle a été ravagé par les flammes. Il a imputé ces violences à des groupes violents et a admis que la stratégie policière devait être adaptée pour faire face à leur mobilité. Nuñez a également évoqué sa propre démission, qu’il a finalement retirée, tout en insistant sur la nécessité d’améliorer l’anticipation des mobilisations futures. À l’inverse, Jordan Bardella, président du parti d’extrême droite Rassemblement national, a critiqué l’incapacité du gouvernement à prévenir ces violences, qualifiant cette situation de « faillite » et appelant les Français à utiliser leur bulletin de vote pour rétablir la sécurité.
Les émeutes ont eu un impact direct sur les commerçants, comme Ouri Zagoury, propriétaire d’une boutique de jeux vidéo près de la place de la République à Paris. Ce dernier a fermé son magasin samedi après-midi après avoir constaté, via ses caméras de surveillance, que des pillards y pénétraient. Malgré son appel à la police, les forces de l’ordre n’ont pas intervenu à temps, ce qui a laissé le champ libre aux voleurs. Cet incident illustre les difficultés rencontrées par les autorités pour protéger les biens privés pendant les émeutes. Les commerçants, déjà fragilisés par la hausse du coût de la vie, subissent désormais des pertes supplémentaires dues aux pillages, aggravant leur situation économique.
Les violences ont conduit à l’interpellation d’au moins 2400 personnes dans tout le pays, selon les chiffres communiqués par les autorités le lundi 19 octobre. Ces arrestations visent à identifier et sanctionner les auteurs des dégradations et des pillages. Les forces de l’ordre sont confrontées à un défi majeur : gérer des groupes très mobiles et organisés, capables de semer le chaos sur de vastes zones en peu de temps. Les autorités continuent d’enquêter pour comprendre comment ces violences ont pu prendre une telle ampleur et pour adapter leurs stratégies de prévention et de répression.

