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Environnement

Consigne pour plastique : nouveau rétropédalage du gouvernement

Reporterre · mis à jour il y a 13 j

« Aucun dispositif de consigne obligatoire ne sera mis en place. » Par ces quelques mots publiés dans un communiqué le 4 septembre, le gouvernement a acté qu'il n'imposerait pas le dispositif de consigne pour recyclage des bouteilles en plastique.

Nouvelle mesure sur le plastique

Le gouvernement français a annoncé un retropédalage sur sa politique concernant l'usage des plastiques à usage unique, après avoir initialement prévu une consigne pour certains emballages. Le terme retropédalage désigne ici un changement de cap ou un revirement de décision, souvent sous la pression de différents acteurs. La consigne, dans ce contexte, fait référence à un système où les consommateurs paient une caution lors de l'achat d'un produit emballé, qui leur est remboursée lorsqu'ils rapportent l'emballage vide. Cette mesure visait initialement à réduire les déchets plastiques en encourageant leur réutilisation ou leur recyclage. Le gouvernement avait prévu d'étendre ce système à des bouteilles en plastique, mais cette extension est désormais remise en question.

Contexte et enjeux écologiques

La réduction des déchets plastiques est un enjeu majeur en France et en Europe, où seulement 24 % des emballages plastiques sont recyclés selon les dernières données disponibles. Les plastiques à usage unique, comme les bouteilles ou les emballages alimentaires, représentent une part importante de cette pollution. En 2021, la France a produit 4,5 millions de tonnes de déchets plastiques, dont une grande partie finit dans la nature ou les océans. La consigne était présentée comme un levier pour atteindre les objectifs fixés par la directive européenne sur les plastiques à usage unique, qui impose aux États membres de collecter 77 % des bouteilles en plastique d'ici 2025 et 90 % d'ici 2029. Ce texte vise à réduire l'impact environnemental de ces déchets, souvent retrouvés dans les écosystèmes marins et terrestres.

Pressions et critiques du secteur

Le gouvernement a fait marche arrière sous la pression des industriels de l'emballage et de la grande distribution. Ces acteurs craignent que la consigne n'augmente leurs coûts opérationnels et ne perturbe leurs chaînes logistiques. Par exemple, la Fédération française de la plasturgie et des associations comme Coca-Cola ou Nestlé ont exprimé des réserves, arguant que le système n'était pas encore prêt à être généralisé. De plus, certains acteurs locaux, comme les centres de tri, redoutent une saturation de leurs infrastructures si le volume de plastiques à traiter augmente brutalement. Ces réticences ont conduit le gouvernement à reporter, voire à abandonner, l'extension de la consigne à certains emballages.

Réactions des associations

Les associations environnementales, comme Zero Waste France ou Greenpeace, dénoncent ce revirement comme un recul majeur dans la lutte contre la pollution plastique. Elles soulignent que la France est déjà en retard sur ses objectifs de recyclage et que ce type de mesure était nécessaire pour accélérer la transition écologique. Selon elles, le gouvernement cède aux lobbies industriels au détriment de l'environnement. Ces organisations rappellent que d'autres pays européens, comme l'Allemagne ou la Suède, ont déjà mis en place des systèmes de consigne efficaces, avec des taux de collecte dépassant 90 % pour les bouteilles en plastique. Elles appellent à une mobilisation citoyenne pour faire pression sur les décideurs politiques.

Ce que ça pourrait changer

Face à ce recul, le gouvernement explore d'autres pistes pour réduire l'usage du plastique. Parmi elles, le renforcement des **filieres de responsabilité élargie du producteur (REP)** est évoqué. La REP est un principe où les producteurs financent la gestion des déchets issus de leurs produits, incitant ainsi à l'éco-conception. Une autre piste serait d'accélérer le déploiement des **points de collecte** pour les emballages plastiques, notamment dans les supermarchés. Cependant, ces alternatives ne semblent pas encore suffisantes pour atteindre les objectifs fixés par l'Union européenne. Le gouvernement n'a pas précisé de calendrier pour ces nouvelles mesures, laissant planer un flou sur leur mise en œuvre.

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