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Géopolitique

Pourquoi la guerre civile éthiopienne est-elle en train de reprendre ?

Courrier International · mis à jour 28 sept.

En Éthiopie, les violents combats qui opposent depuis mercredi 23 septembre les forces fédérales au Front de libération du peuple du Tigré font craindre la reprise de la guerre civile qui, entre 2020 et 2022, avait fait près de 600 000 morts..

Nouvelle alliance rebelle

Le 20 septembre 2026, sept groupes armés éthiopiens, dont le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et le groupe amhara Fano, ont formé une alliance appelée Coalition des forces populaires éthiopiennes pour la survie. Cette coalition vise à renverser le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. Malgré leurs oppositions passées, ces groupes ont décidé de s’unir contre le gouvernement central. Selon Al-Jazeera, cette alliance représente un réalignement spectaculaire, car ces mouvements s’étaient affrontés lors de la guerre civile de 2020 à 2022. Moins d’une semaine après sa création, les combats ont repris dans plusieurs régions d’Éthiopie.

Reprise des combats

Dès le 23 septembre 2026, des affrontements violents ont éclaté entre les forces fédérales éthiopiennes et les rebelles du TPLF. Ces combats se sont étendus aux régions du Tigré, de l’Afar et de l’Amhara. Les rebelles tigréens ont pris le contrôle de plusieurs aéroports, dont celui de Mekele, capitale du Tigré, ainsi que ceux d’Axoum et de Shire. Selon Al-Jazeera, la ville d’Abala, dans la région d’Afar, a également été conquise. Les autorités tigréennes présentent leur combat comme défensif, tandis que le gouvernement fédéral les accuse d’avoir lancé des offensives dans les régions voisines. Au moins 150 000 personnes ont déjà été déplacées dans la région d’Afar, selon une source humanitaire citée par l’AFP.

Origines du conflit

La guerre civile éthiopienne (2020-2022) avait opposé le TPLF aux forces fédérales, soutenues par la milice amhara Fano et les troupes érythréennes. Ce conflit avait causé la mort d’environ 600 000 personnes, principalement en raison d’un blocus fédéral qui avait empêché l’acheminement de l’aide humanitaire. En novembre 2022, un accord de paix, appelé accord de Pretoria, avait permis un cessez-le-feu fragile. Cependant, selon African Arguments, cet accord n’a pas résolu les tensions profondes en Éthiopie. Il a même contribué à fracturer la coalition d’Abiy Ahmed, car ses alliés érythréens et amhara n’ont pas signé l’accord et s’y opposaient.

Rôle des acteurs externes

Le conflit actuel est influencé par des acteurs régionaux. Le chef d’état-major de l’armée éthiopienne a accusé l’Érythrée et le Soudan de soutenir les groupes armés rebelles. Il a également affirmé que le TPLF et l’Érythrée bénéficiaient du soutien du Soudan, de l’Égypte et d’autres acteurs non nommés. Selon Al-Jazeera, ce conflit s’inscrit dans un contexte plus large de tensions en Corne de l’Afrique, notamment la guerre civile au Soudan et les rivalités entre l’Éthiopie et l’Érythrée. African Arguments souligne que plusieurs guerres se déroulent simultanément dans la région, sans médiateur capable de les apaiser.

Ce que ça pourrait changer

La reprise des combats en Éthiopie menace la stabilité de la Corne de l’Afrique. Le conflit actuel pourrait s’étendre et aggraver les tensions existantes entre l’Éthiopie, l’Érythrée et le Soudan. Selon *The Economist*, le Premier ministre Abiy Ahmed est accusé par le TPLF d’imposer un siège punitif au Tigré, qu’il qualifie de *génocidaire*. Les frappes de drones de l’armée éthiopienne et les avancées des troupes érythréennes dans l’ouest du Tigré laissent craindre une escalade. *African Arguments* estime que l’architecture de paix de Pretoria a échoué à résoudre les tensions structurelles en Éthiopie, risquant d’entraîner le pays dans une nouvelle guerre civile.

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