Face aux tumeurs cérébrales les plus agressives, cette nouvelle thérapie laser offre un nouvel espoir pour des dizaines de milliers de patients. Une potentielle révolution dans la prise en charge des
Un retour à la maison en à peine plus d'une journée sans passer aux soins intensifs : cette nouvelle thérapie bouleverse la prise en charge des tumeurs cérébrales..
Le glioblastome est la tumeur maligne du cerveau la plus fréquente et la plus agressive chez l’adulte. Il représente un défi médical majeur, car il tue environ 200 000 personnes par an dans le monde, dont près de 15 000 en Europe. Le diagnostic de cette maladie reste l’un des plus redoutés en oncologie, avec une espérance de survie médiane de seulement 14 ou 15 mois après le diagnostic. Cinq ans après, seuls 3 % des patients sont encore en vie. Les traitements actuels reposent principalement sur une chirurgie lourde appelée craniotomie, suivie de chimiothérapie et de radiothérapie. Cette intervention, qui consiste à retirer temporairement une partie de la boîte crânienne pour accéder à la tumeur, est invasive et laisse souvent des séquelles importantes. De plus, elle ne permet pas toujours d’atteindre certaines zones profondes ou fonctionnelles du cerveau sans endommager les tissus sains.
La Laser Interstitial Thermal Therapy (LITT) est une nouvelle technique moins invasive pour traiter le glioblastome. Contrairement à la craniotomie, elle ne nécessite qu’un petit orifice de quelques millimètres dans le crâne, à travers lequel une sonde laser guidée par IRM est insérée. Cette sonde, assistée par un bras robotisé comme le système NeuroBlate développé par l’entreprise Monteris Medical, chauffe et détruit les cellules tumorales sans endommager les tissus sains environnants. L’incision est refermée avec un seul point de suture, et l’hospitalisation dure en moyenne 32 heures, contre 5 à 10 jours pour une craniotomie. Cette méthode réduit considérablement les risques de complications et améliore le confort des patients.
Une étude majeure, appelée LAANTERN et publiée le 17 août 2026 dans la revue Journal of Clinical Oncology, a évalué l’efficacité de la LITT chez 787 patients traités dans 25 centres hospitaliers américains entre 2015 et 2023. Les résultats montrent que lorsque au moins 91 % de la masse tumorale est détruite par le laser, l’espérance de vie des patients atteint 2,1 ans, soit sept mois de plus que celle obtenue avec une craniotomie. Cette avancée représente un espoir significatif pour les personnes atteintes de glioblastome, même si la LITT ne remplace pas totalement les traitements complémentaires comme la radiothérapie ou la chimiothérapie.
L’étude LAANTERN a été entièrement financée par Monteris Medical, l’entreprise qui produit le dispositif NeuroBlate utilisé dans la LITT. Bien que les conflits d’intérêts soient déclarés dans la publication, cette situation soulève des questions sur l’objectivité des résultats. Pour valider pleinement l’efficacité de la LITT, des essais indépendants menés par des équipes sans lien avec le fabricant sont nécessaires. La méthode scientifique exige en effet que des chercheurs sans intérêt financier dans les résultats reproduisent les expériences avant de valider une avancée médicale. Cela ne remet pas en cause la qualité des travaux, mais souligne la nécessité de prudence dans l’interprétation des données.
Selon le neurochirurgien Eric C. Leuthardt, qui a dirigé l’étude LAANTERN, la LITT représente une véritable révolution dans la prise en charge des tumeurs cérébrales. Il souligne que cette technique permet non seulement de prolonger la survie des patients, mais aussi d’améliorer leur qualité de vie en évitant une chirurgie lourde et invasive. Les données recueillies dans l’étude aident également à identifier quels patients pourraient tirer le plus grand bénéfice de cette thérapie. Cependant, cette avancée ne doit pas occulter les limites actuelles : la LITT reste une option complémentaire et non un remplacement complet des traitements conventionnels.

