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Société

Pollution: les Indonésiens absorbent chaque mois l'équivalent de trois cartes bancaires en plastique

Slate FR · mis à jour il y a 12 j

Ils sont invisibles à l'œil nu, mais se retrouvent dans l'air, l'eau, les poissons et jusque dans les artères humaines. À Jakarta, la pollution aux microplastiques explose et les autorités réagissent timidement..

Indonésie et plastique

L'Indonésie est l'un des pays les plus touchés par la pollution plastique au monde, avec une production annuelle estimée à 6,8 millions de tonnes de déchets plastiques. Cette situation s'explique en partie par une gestion insuffisante des déchets, où seulement 5 à 10 % des plastiques sont recyclés. Les autorités locales, comme celles de Jakarta, la capitale, peinent à mettre en place des infrastructures adaptées pour traiter ce volume croissant de déchets. Le plastique, matériau léger et peu coûteux, est massivement utilisé dans l'économie indonésienne, notamment pour les emballages alimentaires, les sacs jetables et les bouteilles. Cependant, son utilisation intensive génère des déchets qui finissent souvent dans les rivières, les océans ou les décharges à ciel ouvert, contribuant à une crise environnementale majeure.

Microplastiques dans l'air

Une étude récente a révélé que les habitants de Jakarta inhalent chaque mois l'équivalent de trois cartes bancaires en microplastiques. Les microplastiques sont de minuscules fragments de plastique, souvent invisibles à l'œil nu, mesurant moins de 5 millimètres. Ils proviennent de la dégradation des déchets plastiques plus grands, des fibres synthétiques des vêtements ou des particules issues des pneus de voiture. Ces particules peuvent pénétrer dans les poumons et, selon les scientifiques, pourraient avoir des effets néfastes sur la santé, bien que les recherches sur ce sujet soient encore en cours. Jakarta, avec ses 10 millions d'habitants et son trafic routier dense, est particulièrement exposée à cette pollution atmosphérique.

Pollution des eaux

Les eaux de Jakarta et des régions environnantes sont également fortement polluées par les plastiques. On estime que 1,29 million de tonnes de déchets plastiques finissent chaque année dans les océans indonésiens, faisant de l'Indonésie le deuxième plus grand contributeur mondial à la pollution plastique marine, après la Chine. Les plastiques rejetés dans les rivières ou directement dans la mer menacent la biodiversité marine, avec des conséquences dramatiques pour les écosystèmes et les communautés locales qui dépendent de la pêche. Les autorités tentent de limiter ce phénomène, mais les solutions restent insuffisantes face à l'ampleur du problème.

Réponse des autorités

Face à cette crise, le gouvernement indonésien a lancé en 2017 un plan national pour réduire de 70 % les déchets plastiques marins d'ici 2025. Ce plan inclut des mesures comme l'interdiction progressive des sacs plastiques jetables, des pailles et des contenants en polystyrène dans certaines villes. Cependant, son application reste inégale et souvent limitée par des contraintes économiques et logistiques. Par exemple, à Jakarta, l'interdiction des sacs plastiques jetables a été introduite en 2020, mais son respect est difficile à contrôler. Les autorités locales et les associations environnementales appellent à des actions plus ambitieuses et mieux coordonnées pour faire face à cette urgence écologique.

Ce que ça pourrait changer

Les microplastiques présents dans l'air et l'eau posent des risques potentiels pour la santé humaine. Des études préliminaires suggèrent que ces particules pourraient provoquer des inflammations, des problèmes respiratoires ou même des effets cancérigènes à long terme. Les populations les plus vulnérables, comme les enfants et les personnes âgées, sont particulièrement exposées. À Jakarta, où la pollution de l'air est déjà un problème majeur en raison du trafic et des industries, l'ajout des microplastiques aggrave la situation. Les autorités sanitaires recommandent de limiter l'exposition en évitant les zones très polluées et en utilisant des masques adaptés, mais ces mesures restent insuffisantes pour résoudre le problème à grande échelle.

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