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La bulle de l’IA menace d’exploser et l’économie mondiale pourrait couler avec elle, alerte le FMI

Presse-Citron · mis à jour il y a 15 j

Si les géants de la tech balaient d’un revers de la main les craintes sur une bulle de l’IA, les analystes financiers, eux, s’inquiètent toujours plus. D’autant que le contexte géopolitique mondial met le feu aux poudres..

Engouement pour l'IA

Depuis plusieurs années, l’intelligence artificielle (IA) suscite un engouement sans précédent parmi les investisseurs, les entreprises et les gouvernements. Des acteurs majeurs comme Jensen Huang, PDG de NVIDIA, une entreprise spécialisée dans les puces électroniques pour l’IA, minimisent les risques en affirmant que cette technologie est si révolutionnaire que les investissements massifs qu’elle génère finiront par porter leurs fruits. Cependant, cette vision optimiste contraste avec les alertes lancées par des experts et des institutions financières, dont le Fonds monétaire international (FMI), qui craignent une bulle spéculative. Une bulle spéculative désigne une situation où le prix d’un actif (ici, les investissements dans l’IA) est artificiellement gonflé par l’enthousiasme des marchés, sans lien avec sa valeur réelle, ce qui peut mener à un effondrement brutal si les anticipations ne se réalisent pas.

Alerte du FMI

Dans son dernier rapport intitulé Global Financial Stability Report, publié en 2024, le FMI met en garde contre les dangers d’une dépendance excessive des marchés mondiaux aux investissements dans l’IA. Selon l’institution, les centaines de milliards d’euros injectés dans ce secteur ont certes stimulé la croissance économique à court terme, mais ils reposent sur des promesses de profits futurs qui pourraient ne pas se concrétiser. Le FMI souligne que si les bénéfices attendus ne sont pas au rendez-vous, la bulle financière pourrait éclater rapidement, entraînant des conséquences économiques graves. Par exemple, pour 14 transactions analysées depuis 2023, le FMI recense environ 300 milliards d’euros d’investissements en actions et 650 milliards d’euros de dettes, pour des revenus futurs estimés à 1 400 milliards d’euros. Une partie de ces sommes provient d’un système de financement circulaire, où les entreprises s’injectent mutuellement de l’argent, créant une illusion de solidité financière.

Financement circulaire

Le FMI pointe du doigt un mécanisme financier risqué : le financement circulaire. Ce système repose sur des échanges d’argent entre les grands acteurs de l’IA, où chacun finance l’autre tout en s’endettant massivement. Par exemple, NVIDIA a annoncé investir des milliards d’euros dans OpenAI, une entreprise spécialisée dans les modèles d’IA, pour construire des data centers (des centres de données où sont stockées et traitées les informations nécessaires au fonctionnement des IA). En retour, OpenAI utilise une grande partie de ces fonds pour acheter des puces électroniques à NVIDIA. Ce cercle vicieux lie étroitement la santé financière de ces géants : si l’un d’eux rencontre des difficultés, cela peut provoquer une réaction en chaîne affectant tous les autres. Le FMI estime que ce modèle fragilise l’ensemble du secteur, car il repose sur des dettes colossales (650 milliards d’euros) et des valorisations d’actifs qui pourraient s’effondrer en cas de retournement du marché.

Risque d'effet domino

Le FMI craint que l’effondrement d’une ou plusieurs entreprises clés du secteur de l’IA ne déclenche un effet domino sur l’économie mondiale. Si les géants de la tech, comme NVIDIA ou OpenAI, voient leurs valorisations chuter en raison de profits insuffisants, la valeur de leurs dettes s’effondrera également. Cela pourrait provoquer une crise financière généralisée, car ces dettes sont souvent détenues par des banques, des fonds d’investissement et d’autres acteurs économiques. Par exemple, le FMI explique que si les prévisions de chiffre d’affaires de ces entreprises sont revues à la baisse, les investisseurs pourraient perdre confiance et vendre massivement leurs actions, aggravant la chute des cours. Une telle situation rappelle les mécanismes à l’œuvre lors de la crise des subprimes en 2008, où l’effondrement du marché immobilier américain avait provoqué une crise financière mondiale. Les pays émergents et les économies les plus vulnérables seraient les premiers touchés.

Contexte géopolitique tendu

Le contexte géopolitique actuel aggrave les risques identifiés par le FMI. Le conflit au Moyen-Orient perturbe les chaînes d’approvisionnement mondiales et fait flamber les prix de l’énergie, alimentant ainsi l’inflation. L’inflation désigne une hausse généralisée et durable des prix des biens et services, réduisant le pouvoir d’achat des ménages. Pour lutter contre cette inflation, les banques centrales, comme la Banque centrale européenne ou la Réserve fédérale américaine, maintiennent ou augmentent leurs taux d’intérêt (le coût de l’emprunt pour les ménages et les entreprises). Des taux d’intérêt élevés rendent les crédits plus chers, ce qui peut freiner la croissance économique et fragiliser davantage les entreprises déjà endettées. Le FMI craint que cette combinaison de facteurs (bulle de l’IA, inflation, taux d’intérêt élevés) ne plonge l’économie mondiale dans une période de turbulences plus brutale que prévu, surtout si le conflit au Moyen-Orient persiste.

Ce que ça pourrait changer

Les alertes du FMI rejoignent celles d’économistes comme Richard Bookstaber, qui avait prédit la crise des *subprimes* en 2008. Selon ces experts, une crise économique majeure est désormais imminente si les déséquilibres actuels ne sont pas corrigés. Le FMI insiste sur la nécessité de surveiller de près la santé financière des entreprises du secteur de l’IA et de limiter les pratiques de financement circulaire, qui masquent une réalité économique plus fragile qu’il n’y paraît. Sans une régulation adaptée ou une correction des excès, le risque d’un effondrement en chaîne des marchés financiers reste élevé. Les pays émergents, moins résilients face aux chocs économiques, seraient les premières victimes d’une telle crise. L’institution appelle donc à la prudence, tout en reconnaissant que l’IA reste une technologie prometteuse à long terme, à condition que son développement soit maîtrisé et durable.

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