Rohingyas : plus de 500 disparus au large du Myanmar
Prendre la mer est devenu l’un des derniers recours pour les Rohingyas qui cherchent à fuir la guerre et la persécution au Myanmar. Elle est aussi, de plus en plus souvent, leur dernier linceul..
Plus de 500 réfugiés rohingyas pourraient avoir disparu dans deux naufrages présumés survenus au large du Myanmar entre fin juin et début juillet 2026. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le premier bateau transportait environ 250 personnes et a cessé toute communication peu après son départ. Le second, avec 280 passagers à bord, aurait sombré le 8 juillet au large de la région d’Ayeyarwady, dans le sud du Myanmar. Ces deux drames s’ajouteraient à une série de catastrophes maritimes récurrentes, faisant partie des pires tragédies touchant cette minorité musulmane apatride depuis des années. Les circonstances exactes et le bilan humain restent à confirmer, mais les deux agences expriment une grave préoccupation face à ces pertes humaines potentielles.
Ces naufrages s’inscrivent dans une tendance alarmante : les traversées maritimes des Rohingyas deviennent de plus en plus meurtrières. En 2025, près de 900 réfugiés rohingyas sont morts ou ont disparu dans le nord de l’océan Indien, tandis que plus de 6 500 personnes avaient tenté la traversée vers la Malaisie ou l’Indonésie à bord d’embarcations souvent surchargées et précaires. Depuis le début de l’année 2026, 300 autres personnes, Rohingyas et Bangladais, sont déjà signalées comme mortes ou disparues en mer d’Andaman et dans le golfe du Bengale. Les conditions météorologiques particulièrement dangereuses, comme les pluies torrentielles et les inondations récentes, aggravent encore les risques encourus par ces passagers.
Les départs massifs de Rohingyas s’expliquent par un désespoir croissant. Le conflit armé au Myanmar, aggravé par le coup d’État militaire de 2021, a plongé le pays dans une guerre civile qui a encore détérioré la situation des Rohingyas. Cette minorité musulmane est apatride depuis des décennies, privée de citoyenneté et de nombreux droits fondamentaux. Au Bangladesh voisin, les camps de réfugiés comme celui de Cox’s Bazar, qui accueille près d’un million de Rohingyas, souffrent d’un manque d’aide humanitaire et d’absence de perspectives de retour ou de réinstallation. Ces facteurs poussent de plus en plus de personnes à risquer leur vie en mer pour fuir une situation sans issue.
Face à cette crise humanitaire, le *HCR* et l’*OIM* appellent à une réponse internationale plus forte pour éviter de nouvelles tragédies. Les deux organisations saluent la « générosité remarquable » du Bangladesh, qui accueille la majorité des réfugiés rohingyas, mais soulignent le besoin d’un soutien international durable. Elles travaillent également avec les autorités régionales pour renforcer la protection des réfugiés, migrants et apatrides empruntant les routes migratoires d’Asie du Sud et du Sud-Est. Leur objectif immédiat est d’empêcher que la mer ne continue d’engloutir ceux qui n’ont nulle part où aller, tout en améliorant les conditions de vie dans les camps et en offrant des solutions durables aux réfugiés.

