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Géopolitique

Une IA chinoise suspectée de mener des cyberattaques contre des banques sud-coréennes

Courrier International · mis à jour 5 oct.

En moins d’une semaine, une salve de cyberattaques a déferlé sur les principales banques coréennes, laissant penser qu’un même acteur aurait utilisé une IA chinoise pour faire fuiter des dizaines de milliers de données..

Cyberattaques en Corée du Sud

Entre le 28 septembre et le 3 octobre 2026, sept banques sud-coréennes, dont les cinq plus grandes du pays, ont été victimes d’une série de cyberattaques. Ces attaques ont entraîné la fuite de données sensibles concernant plus de 67 500 clients. Les établissements touchés incluaient des services bancaires en ligne, des systèmes de recrutement pour des prêts, ainsi que des plateformes d’assistance commerciale et de demandes de prêts immobiliers. Ces incidents ont mis en lumière la vulnérabilité des infrastructures financières numériques face à des menaces de plus en plus sophistiquées.

Rôle suspecté de l'IA chinoise

Les autorités sud-coréennes soupçonnent une plateforme chinoise d’intelligence artificielle (IA) nommée Artex d’être à l’origine de ces cyberattaques. Des traces de cette IA ont été retrouvées sur les adresses IP utilisées lors des attaques, suggérant qu’au moins six des sept incidents pourraient avoir été menés par le même acteur. Artex est un outil d’IA capable d’automatiser des tâches complexes, comme l’infiltration de systèmes informatiques, en un temps record. Selon une entreprise de cybersécurité sud-coréenne, EverSpin, une attaque simulée utilisant Artex a été réalisée en seulement 22 secondes pour un coût de 0,88 dollar (0,78 euro).

Négligence des banques

Les médias sud-coréens, comme le Hankook Ilbo, ont pointé du doigt la négligence des banques dans la sécurisation de leurs systèmes face à l’évolution des technologies. Les établissements financiers ont développé leurs services numériques (applications bancaires, prêts à distance) sans adapter suffisamment leurs dispositifs de sécurité à l’usage croissant de l’IA. Une directive publiée en juillet 2026 par les autorités financières sud-coréennes avait déjà classé la protection des systèmes exposés à Internet comme une priorité, mais ces mesures n’ont pas été appliquées à temps. Les systèmes directement connectés à des réseaux externes sont particulièrement vulnérables.

Solutions urgentes

Face à la multiplication des cyberattaques utilisant l’IA, les experts sud-coréens insistent sur l’urgence de renforcer les mesures de protection. EverSpin propose une solution radicale : bloquer toutes les requêtes automatisées générées par une IA, afin d’augmenter le coût des attaques et décourager les hackers. Cette approche vise à rendre les cyberattaques moins rentables, voire impossibles, en rendant leur exécution trop coûteuse ou trop complexe. Les autorités et les acteurs du secteur financier doivent désormais agir rapidement pour éviter de nouvelles fuites de données.

Ce que ça pourrait changer

Cette affaire survient dans un contexte de tensions géopolitiques accrues entre la Chine et la Corée du Sud, notamment sur le plan économique et technologique. L’utilisation d’une IA chinoise pour des cyberattaques contre des banques sud-coréennes pourrait aggraver les relations entre les deux pays. Par ailleurs, cette situation illustre les risques liés à la dépendance croissante des infrastructures critiques aux technologies étrangères, y compris l’IA, qui peut être détournée à des fins malveillantes.

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