NapseflowNapseflow
Généraliste

Jean-Paul Riopelle a son musée

Le Devoir · mis à jour il y a 14 j

L’Espace Riopelle enferme trois aires d’exposition, dont la principale est vouée à une rétrospective de l’artiste..

Un musée dédié à Riopelle

Le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) à Québec a inauguré l’Espace Riopelle, un nouveau pavillon nommé en l’honneur de Michael Audain, son principal mécène. Ce musée, ouvert cinq ans après son annonce, célèbre Jean-Paul Riopelle (1923-2002), un artiste québécois majeur du XXe siècle. L’Espace Riopelle comprend trois aires d’exposition, dont la principale propose une rétrospective complète de son œuvre. Le MNBAQ possède désormais la plus grande collection d’œuvres de Riopelle au monde, avec un demi-millier d’œuvres, dont 45 ont été données par Michael Audain et Pierre Lassonde. Certaines œuvres sont exposées en plein air, tandis que d’autres sont visibles dans le bâtiment principal du musée.

Une rétrospective complète

L’exposition principale, intitulée L’expression du geste, couvre sept thèmes (mosaïques, nordicité, bestiaire, etc.) et présente une rétrospective de l’artiste de manière à la fois chronologique et thématique. Elle rassemble des peintures, sculptures et œuvres sur papier, allant de Hibou premier (1939-1941) à ses œuvres tardives comme les séries Icebergs ou Les oies. Le commissaire André Gilbert souligne qu’il s’agit d’une exposition de référence, conçue pour durer dans le temps, contrairement à une rétrospective classique. Les œuvres sont mises en valeur sans trop de documents ou de citations, et la voix de Riopelle, tirée d’une entrevue de 1968, est diffusée pour enrichir l’expérience. Certains grands formats, comme Espagne (1951), auraient mérité plus d’espace, mais l’ensemble reste impressionnant.

Une scénographie audacieuse

La scénographie de l’Espace Riopelle est conçue pour surprendre et immerger le visiteur. Par exemple, L’Hommage à Rosa Luxemburg (1992), un triptyque de 40 mètres de long, est présenté dans une salle circulaire inspirée des Nymphéas de Monet, permettant une vue d’ensemble et une observation rapprochée sans vitre. Cette œuvre, souvent considérée comme un chef-d’œuvre, a été déplacée du sous-sol vers un espace dédié, où elle est mise en lumière et élevée sur un trône avec vue sur le fleuve. D’autres sections, comme celle dédiée à la nordicité, utilisent des projections vidéo pour compléter l’expérience, bien que certaines solutions, comme la vidéo de Pangnirtung (1977), puissent sembler en contradiction avec les œuvres exposées.

Collaborations et partenariats

L’Espace Riopelle repose sur des collaborations avec des musées, des particuliers, la famille de l’artiste et la galerie Simon Blais. Par exemple, des prêts d’œuvres de trois à cinq ans ont été obtenus pour compléter la collection permanente. Le musée a également travaillé avec l’Université Laval pour créer une salle interactive au rez-de-chaussée, où le public est invité à partager ses impressions sur les œuvres de Riopelle. Cette approche vise à recueillir des données pour une cartographie des émotions et à explorer des liens entre l’art contemporain et l’œuvre de Riopelle. Le commissaire André Gilbert évoque l’idée de s’inspirer de la Fondation Guido Molinari à Montréal, qui collabore avec des artistes contemporains pour perpétuer l’héritage des grands maîtres.

Réorganisation de la collection

Parallèlement à l’ouverture de l’Espace Riopelle, le MNBAQ a réorganisé sa collection d’art moderne dans un bâtiment voisin. L’exposition Revendiquer met en lumière les artistes automatistes, dont Riopelle, en les opposant aux artistes figuratifs. À l’extérieur, une sculpture commandée à Fiona Annis, lauréate d’un concours artistique, a été installée. Intitulée À la rencontre des sources, elle rend hommage à la nordicité et utilise des matériaux comme des écorces de bouleau. Le musée souligne aussi que, malgré la construction d’un quatrième pavillon, il a su respecter les délais pour honorer Riopelle à l’occasion du centenaire de sa naissance.

Ce que ça pourrait changer

L’ouverture de l’Espace Riopelle marque la fin des célébrations entourant le centenaire de la naissance de Jean-Paul Riopelle. L’article souligne que les musées devraient, selon le MNBAQ, honorer les artistes de leur vivant avec plus de faste. Sur les dix dernières années, seulement un artiste (Evergon) a reçu une rétrospective après avoir remporté le prix Borduas, un prix québécois prestigieux. Le musée espère que l’exemple de Riopelle inspirera d’autres institutions à mettre en valeur leurs artistes avant leur décès, afin de leur offrir une postérité plus large et plus précoce.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.