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Géopolitique

La victoire de l’AfD révèle la fracture au sein des droites entre conservateurs et révolutionnaires

Le Grand Continent · mis à jour il y a 13 j

De Vox à la Ligue, les réactions au succès historique de l’extrême droite en Saxe-Anhalt illustrent les divergences entre formations qui veulent prendre le pouvoir pour transformer le système de l’intérieur et celles qui assument une rupture beaucoup plus radicale. L’article La victoire de l’AfD révèle la fracture au sein des droites entre conservateurs et révolutionnaires est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Victoire historique AfD

L’Alternative für Deutschland (AfD), parti d’extrême droite allemand, a remporté l’élection régionale du Land de Saxe-Anhalt le 6 septembre 2026 avec 44 % des voix. Ce score représente plus du double de celui obtenu en 2021, où le parti avait recueilli environ 20 % des suffrages. Cette victoire marque un tournant historique, car il s’agit du meilleur résultat jamais enregistré par l’extrême droite en Allemagne depuis la Seconde Guerre mondiale. Le parti a ainsi devancé largement la CDU (Union chrétienne-démocrate), principale formation conservatrice du pays, qui a obtenu un score bien inférieur. Cette élection illustre une tendance plus large en Europe, où les partis d’extrême droite gagnent en influence, tout en révélant des tensions internes au sein de ces mouvements.

Fracture idéologique droite

La victoire de l’AfD a mis en lumière une fracture au sein des droites européennes entre deux courants. D’un côté, les partis révolutionnaires, comme l’AfD, prônent une rupture radicale avec le système politique en place, souvent en s’appuyant sur des thèmes comme l’immigration, la souveraineté nationale ou la critique de l’Union européenne. De l’autre, les partis conservateurs ou contre-révolutionnaires, comme Forza Italia en Italie, défendent une transformation progressive du système depuis l’intérieur, en insistant sur la nécessité de préserver les valeurs traditionnelles et les institutions existantes. Cette division se manifeste par des réactions contrastées face à la victoire de l’AfD, certains saluant un espoir pour l’Europe, d’autres y voyant une menace pour la stabilité politique.

Réactions européennes

La victoire de l’AfD a suscité des réactions variées parmi les partis d’extrême droite européens. En Espagne, Santiago Abascal, leader de Vox, a salué un « résultat spectaculaire » et un « grand espoir pour l’Allemagne et l’Europe ». Au Portugal, André Ventura (Chega) a partagé une photo avec Alice Weidel, co-présidente de l’AfD, en soulignant un combat commun contre l’immigration illégale et la perte d’identité. En Italie, la réaction a été plus nuancée : Matteo Salvini (Ligue du Nord) a félicité l’AfD pour son succès, tandis qu’Antonio Tajani (Forza Italia) a qualifié la victoire de « très mauvaise nouvelle », appelant à une réflexion sur les craintes des Européens. En France, seul Éric Zemmour (Reconquête) a adopté une position positive, estimant que cette victoire marquait la fin du « cordon sanitaire » autour de l’extrême droite.

Silences et divisions

La victoire de l’AfD a provoqué des réactions contrastées en Europe, mais aussi des silences significatifs. En Italie, Giorgia Meloni, présidente du Conseil et leader de Fratelli d’Italia, n’a pas réagi publiquement, ses collaborateurs justifiant cette discrétion par le principe de non-ingérence dans les affaires électorales étrangères. En France, ni Marine Le Pen (Rassemblement National) ni Jordan Bardella n’ont commenté la victoire, ce dernier ayant précédemment exclu toute alliance avec l’AfD en raison de désaccords. Jean-Philippe Tanguy, député RN, a cependant reconnu un « vote populaire de ras-le-bol » face à l’incapacité des partis traditionnels à gérer l’immigration et l’économie. Ces réactions illustrent les tensions internes au sein des droites européennes, entre ceux qui souhaitent normaliser l’extrême droite et ceux qui la rejettent.

Ce que ça pourrait changer

La victoire de l’AfD a relancé le débat sur la définition de l’extrémisme en politique. Roberto Vannacci, général et leader du parti Futuro Nazionale en Italie, a affirmé sur le réseau social X que si la moitié de la population soutient un parti, celui-ci ne peut plus être considéré comme extrémiste. Cette déclaration s’inscrit dans une stratégie de légitimation des partis d’extrême droite, qui cherchent à se présenter comme des mouvements majoritaires et non marginaux. Elon Musk, propriétaire de X, a également félicité l’AfD, renforçant cette dynamique de normalisation. Ce débat reflète une tendance plus large en Europe, où les partis d’extrême droite gagnent en visibilité et en acceptabilité, tout en défiant les normes politiques traditionnelles.

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