Les médicaments amaigrissants sont une aubaine pour les pharmacies des supermarchés
La popularité de certains médicaments a explosé grâce à leurs effets secondaires amaigrissants..
Les ventes de médicaments amaigrissants, comme l’Ozempic ou le Wegovy, connaissent une forte augmentation dans les pharmacies des supermarchés canadiens. Ces médicaments, initialement conçus pour traiter le diabète de type 2, contiennent un principe actif appelé GLP-1 (ou sémaglutide). Leur popularité s’explique par leurs effets secondaires bénéfiques : ils réduisent l’appétit et favorisent la perte de poids. Par exemple, l’Ozempic est devenu un phénomène de mode, adopté par des personnes cherchant à maigrir, même sans diabète. Cette tendance a été confirmée par des données financières : Loblaw, propriétaire de Shoppers Drug Mart et Pharmaprix, a enregistré une hausse de 40 % des ventes de médicaments GLP-1 au cours de chacun des deux derniers trimestres. En 2027, les dirigeants de Loblaw prévoient une croissance à deux chiffres pour cette catégorie de produits.
L’arrivée de versions génériques des médicaments GLP-1, moins chères que les versions originales, a accéléré leur adoption par le grand public. Ces génériques, approuvés par Santé Canada (le premier pays du G7 à le faire), permettent une baisse des prix tout en maintenant une demande forte. Par exemple, trois produits génériques GLP-1 sont déjà disponibles, et d’autres sont en cours d’examen. Selon un sondage Léger réalisé en mars, 50 % des Canadiens interrogés seraient plus enclins à utiliser ces médicaments si leur coût était réduit ou pris en charge par une assurance. Aujourd’hui, 8 % des Canadiens, soit 3 millions de personnes, suivent un traitement GLP-1 sur ordonnance. Amar Singh, expert chez Kantar, estime que ce taux pourrait atteindre 20 % d’ici deux ans, grâce à l’accessibilité accrue des génériques.
Cette hausse des ventes de médicaments amaigrissants a un impact direct sur les résultats financiers des pharmacies intégrées aux supermarchés. Par exemple, le chiffre d’affaires des pharmacies de Loblaw a progressé de 4,6 % au dernier trimestre, tandis que celui de Metro (propriétaire de Jean Coutu) a augmenté de 4,8 %. Ces performances dépassent celles du secteur alimentaire et sont principalement portées par les médicaments sur ordonnance, dont les GLP-1. Même si les prix baissent avec l’arrivée des génériques, la croissance en volume compense largement cette baisse. Kathleen Wong, analyste chez Veritas, souligne que la hausse des volumes de prescriptions pourrait compenser la déflation des prix, maintenant ainsi une contribution financière positive pour les pharmacies.
Les supermarchés comme *Loblaw* et *Metro* étendent leurs réseaux de pharmacies pour profiter de cette tendance. Par exemple, *Loblaw* a ouvert **200 nouveaux magasins** en trois ans, dont près de la moitié incluent une pharmacie. Pour fidéliser les clients, ces enseignes développent des services personnalisés. *Loblaw* a lancé un programme en ligne de gestion du poids, permettant aux utilisateurs de consulter des professionnels de santé et de vérifier leur éligibilité aux traitements GLP-1. Jo-Ann McArthur, présidente de *Nourish Food Marketing*, suggère d’aller plus loin en proposant des aliments adaptés aux régimes des patients sous GLP-1, des conseils nutritionnels via des applications de fidélité, ou encore des services de planification de repas. Ces initiatives visent à renforcer l’engagement des consommateurs tout en générant des profits supplémentaires.

