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Le PCQ dévoile son cadre financier le jour du premier grand rendez-vous télévisé des chefs

ICI Radio-Canada · mis à jour 9 sept.

Radio-Canada a obtenu une copie du cadre financier de 127 pages qui sera dévoilé ce matin..

Cadre financier du PCQ

Le Parti conservateur du Québec (PCQ), dirigé par Éric Duhaime, a dévoilé un cadre financier de 127 pages avant le premier débat télévisé des chefs. Ce document détaille les prévisions de revenus et de dépenses du parti pour les cinq prochaines années. Contrairement aux estimations initiales, le PCQ anticipe une croissance économique plus faible, avec des revenus totaux de 180 milliards de dollars (G$) contre 189 G$ prévus initialement. Les dépenses, elles, restent stables à 161 G$. Le parti vise un équilibre budgétaire dès la quatrième année, avec un surplus de 336 millions de dollars, puis un surplus de 1,8 milliard de dollars à la cinquième année. Ce cadre financier sert de base pour évaluer la faisabilité des engagements électoraux du PCQ, notamment les baisses d'impôts et les réductions de dépenses.

Baisse des impôts

Le PCQ propose une réduction des impôts sur le revenu des particuliers et des sociétés, estimant que ces mesures stimuleront l'économie. Pour les particuliers, le coût brut de cette baisse sur cinq ans est évalué à 30 G$, mais le parti anticipe que 15 à 18 % de cette somme sera récupérée grâce à une hausse de la consommation et des revenus fiscaux, réduisant ainsi la perte nette pour l'État à 24,7 G$. Pour les entreprises, le coût brut est de 23 G$, mais la perte nette serait de 17,4 G$, car les économistes du parti estiment que les entreprises réinvestiront ces économies, créant des emplois et générant des recettes supplémentaires. Ces baisses d'impôts visent à augmenter le pouvoir d'achat des ménages et la compétitivité des entreprises.

Financement des engagements

Pour financer ses promesses électorales, le PCQ prévoit dégager 60,3 G$ sur cinq ans. Ces économies proviendront principalement de la réduction des subventions aux entreprises, de coupes dans la fonction publique et de la simplification des réglementations. Le parti mise aussi sur une économie de 2,7 G$ grâce à l'implication du secteur privé dans le système de santé, en réduisant les temps d'attente et en améliorant l'efficacité. Cependant, certains engagements comme la construction d'un troisième lien entre Lévis et l'île d'Orléans (estimé entre 2,7 et 3 G$) ne sont pas inclus dans ce cadre, car le PCQ envisage un partenariat public-privé pour le financer. Le parti exclut également les transferts fédéraux de ses calculs, refusant de dépendre de décisions externes non garanties.

Comparaison avec la CAQ

Le PCQ est le deuxième parti à dévoiler son cadre financier, après la Coalition Avenir Québec (CAQ), qui avait présenté le sien en trois pages le 30 août. Contrairement à la CAQ, qui intègre partiellement les transferts fédéraux dans ses prévisions, le PCQ exclut ces montants, préférant une approche autonome. Le cadre financier du PCQ est bien plus détaillé, expliquant pour chaque engagement les hypothèses et les sources utilisées pour arriver aux montants estimés. Cette transparence vise à renforcer la crédibilité du parti auprès des électeurs, en montrant une méthode rigoureuse pour évaluer l'impact de ses promesses. Le PCQ insiste sur une réduction de l'État et une baisse des dépenses publiques, tout en misant sur des leviers économiques comme les baisses d'impôts pour relancer la croissance.

Ce que ça pourrait changer

Le PCQ ne prévoit aucun changement au Plan québécois des infrastructures (PQI), un vaste programme de construction et de rénovation d'infrastructures. Adrien Pouliot, porte-parole en économie du parti, critique ce plan en évoquant le *syndrome du ruban*, une expression qui désigne l'habitude de privilégier les grands projets symboliques plutôt que l'entretien régulier des infrastructures existantes. Le parti propose donc de se concentrer sur l'entretien des infrastructures plutôt que sur de nouveaux projets coûteux. Cependant, le PCQ maintient son engagement de construire un troisième lien entre Lévis et l'île d'Orléans, un projet estimé entre 2,7 et 3 G$. Ce projet ne figure pas dans le cadre financier, car il serait financé par un partenariat public-privé, une formule où l'État collabore avec des entreprises privées pour partager les coûts et les risques.

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