Cholestérol : ce capteur de sueur permettrait une mesure continue et non invasive
Mesurer les lipides exige habituellement une prise de sang qui ne fournit qu’un instantané. Un patch expérimental exploite plutôt les molécules libérées par la peau et renouvelle même le carburant chimique nécessaire à ses enzymes.
Le cholestérol est une substance grasse essentielle au bon fonctionnement de l’organisme, mais un excès dans le sang peut entraîner des risques pour la santé, notamment des maladies cardiovasculaires comme les infarctus ou les AVC. Il existe deux types principaux de cholestérol : le LDL (souvent appelé « mauvais cholestérol ») qui peut obstruer les artères, et le HDL (« bon cholestérol ») qui aide à éliminer l’excès de cholestérol. Aujourd’hui, sa mesure se fait généralement par une prise de sang, un examen ponctuel et invasif qui nécessite une visite en laboratoire ou chez un médecin.
Des chercheurs ont développé un capteur flexible capable de mesurer en continu le taux de cholestérol dans la sueur, sans avoir besoin de prélever du sang. Ce dispositif, encore au stade expérimental, pourrait être intégré dans des patchs ou des bracelets portables. Contrairement aux méthodes traditionnelles, il offre une surveillance en temps réel, ce qui permettrait d’ajuster plus rapidement les traitements ou les habitudes de vie en fonction des variations du taux de cholestérol.
Le capteur utilise des matériaux sensibles aux molécules de cholestérol présentes dans la sueur. Lorsqu’il est en contact avec la peau, il détecte et quantifie ces molécules grâce à des réactions chimiques spécifiques. Les données sont ensuite transmises sans fil à un smartphone ou un ordinateur, où elles peuvent être analysées par un professionnel de santé ou par l’utilisateur lui-même. Cette technologie repose sur des avancées récentes en nanotechnologie et en biocapteurs, deux domaines qui combinent biologie et électronique à l’échelle microscopique.
Les méthodes traditionnelles de mesure du cholestérol nécessitent une prise de sang, un geste qui peut être désagréable ou stressant pour certains patients. De plus, ces examens ne donnent qu’une image ponctuelle du taux de cholestérol, alors que ce dernier peut varier au cours de la journée ou en fonction de l’alimentation ou de l’activité physique. Le capteur de sueur, lui, permet une surveillance continue et non invasive, ce qui pourrait améliorer le suivi des patients et réduire le besoin de consultations répétées. Il serait particulièrement utile pour les personnes souffrant de maladies chroniques comme le diabète ou les troubles cardiovasculaires.
Ce capteur pourrait être utilisé dans divers contextes, comme le suivi des patients à distance par les médecins, la prévention des risques cardiovasculaires ou même l’accompagnement des sportifs dans leur entraînement. Les chercheurs envisagent également de l’adapter pour mesurer d’autres molécules présentes dans la sueur, comme le glucose ou les électrolytes, ce qui en ferait un outil polyvalent pour la santé. Bien que prometteuse, cette technologie doit encore être validée par des essais cliniques à grande échelle avant une commercialisation éventuelle.

