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Messages antisémites de Jordan Bardella : comment Mediapart a récupéré des données supprimées auprès de Facebook

Numerama · mis à jour 2 oct.

En plus de captures d'écran d'une conversation avec un utilisateur qui n'existe plus (et que l'on suppose être Jordan Bardella), Mediapart a récupéré des archives Facebook auprès de Meta pour prouver l'authenticité des captures d'écran et des messages antisémites. Une possibilité aujourd’hui garantie et encadrée en Europe par le RGPD, le règlement européen sur les données personnelles qui permet à un utilisateur de réclamer toutes les données de son propre compte, y compris celles qui impliquent un utilisateur qui n'existe plus..

Affaire Bardella : révélations Mediapart

Le 1er octobre 2026, le média d’investigation Mediapart publie une série d’articles affirmant que Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), aurait tenu des propos antisémites en 2013. Ces révélations s’appuient sur des captures d’écran de conversations Facebook, que Bardella qualifie de « faux grossiers » et de « montages manipulables ». Mediapart soutient que ces captures sont authentiques en fournissant des archives Facebook obtenues légalement. L’affaire soulève une question centrale : comment Mediapart a-t-il pu accéder à des données supprimées, et ces preuves sont-elles fiables ? Le débat porte moins sur la véracité des propos que sur la méthodologie employée pour les authentifier.

RGPD : droit à l'accès aux données

Le Règlement général sur la protection des données (RGPD), entré en vigueur en Europe en 2018, permet à tout utilisateur de demander une copie complète de ses données personnelles détenues par une plateforme comme Facebook. Ce droit s’applique même aux données supprimées ou liées à des comptes ayant disparu. Mediapart n’a pas récupéré les données de Jordan Bardella, mais celles de sa source, qui affirme avoir reçu des messages antisémites de sa part en 2013. Ces données, extraites sous contrôle d’un huissier, incluent l’intégralité des conversations Messenger, y compris avec des comptes supprimés, et confirment l’existence des messages incriminés. Le RGPD encadre strictement ce processus pour protéger la vie privée.

Preuves : captures vs archives Facebook

Mediapart a publié des captures d’écran des messages antisémites, que Bardella juge falsifiées. Cependant, l’existence de fichiers au format JSON (un format standard pour stocker des données structurées), extraits directement de Facebook, prouve que ces messages ont bien été envoyés en 2013. Ces archives contiennent les conversations brutes, sans manipulation possible, et incluent des détails biographiques correspondant à la vie publique de Bardella. Par exemple, le compte Facebook incriminé mentionnait des éléments de sa biographie qui ne seront rendus publics que des années plus tard. Ces données ne prouvent pas avec certitude que Bardella est l’auteur des messages, mais elles en confirment l’existence et l’authenticité technique.

Limites des preuves disponibles

Les archives Facebook obtenues par Mediapart ne permettent pas d’identifier formellement l’auteur des messages antisémites. Elles confirment seulement qu’un compte au nom de Jordan Bardella, correspondant à sa biographie, a envoyé ces propos en 2013. Pour établir un lien définitif, il faudrait des informations supplémentaires comme l’adresse IP ou des métadonnées techniques, que Meta pourrait fournir uniquement sur décision de justice. Bardella nie catégoriquement ces accusations, mais les preuves disponibles rendent peu probable l’hypothèse d’un montage. L’affaire illustre les limites des preuves numériques dans les enquêtes journalistiques.

Comment obtenir ses données Facebook

Tout utilisateur peut demander une copie de ses données Facebook en suivant une procédure simple, encadrée par le RGPD. Meta propose un guide détaillé sur son site : il suffit de se rendre dans Paramètres > Vos informations et autorisations > Exporter vos informations. L’utilisateur peut sélectionner les données à récupérer, comme les messages, et recevoir un fichier JSON contenant l’intégralité de ses conversations. Ce fichier, bien que volumineux (plusieurs gigaoctets), permet de consulter ses échanges passés, y compris avec des comptes supprimés. Cette méthode a été utilisée par la source de Mediapart pour authentifier les messages incriminés. Il est conseillé de protéger ce fichier, car il contient des données sensibles.

Ce que ça pourrait changer

L’affaire soulève des questions sur l’utilisation des données personnelles dans le journalisme d’investigation. Mediapart a agi dans le respect du RGPD, en s’appuyant sur les droits d’un utilisateur à accéder à ses propres données. Cependant, la publication de ces archives pose des dilemmes éthiques : jusqu’où peut-on aller pour vérifier une information, et comment concilier liberté de la presse et protection de la vie privée ? Bardella et son entourage dénoncent une *« manipulation grossière »*, mais les preuves techniques rendent cette hypothèse peu crédible. L’affaire illustre aussi les tensions entre transparence médiatique et respect de la vie privée, un équilibre complexe à trouver.

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