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Généraliste

Observations de fin de course électorale

Le Devoir · mis à jour 2 oct.

Lundi, les électeurs seront à nouveau trahis par l’obsolescence de notre mode de scrutin..

Mode de scrutin obsolète

L’article dénonce l’obsolescence du mode de scrutin actuel au Québec, jugé incompatible avec la diversité politique actuelle. En 2026 comme en 2022, cinq partis politiques sont en lice, une situation rare depuis 1976. Ce système favorise la dispersion des voix et l’atomisation des débats, créant un décalage croissant entre les votes exprimés et la représentation finale à l’Assemblée nationale. L’auteur, Brian Myles, critique cette distorsion qui affaiblit la démocratie représentative et plaide pour une réforme vers un mode de scrutin proportionnel, comme le proposait l’ancien député Jean-Pierre Charbonneau. Selon lui, sans changement, les électeurs continueront à se sentir trahis par un système qui ne reflète plus leur pluralisme politique.

Contexte électoral 2026

Les élections québécoises de 2026 s’annoncent serrées, avec cinq partis politiques en compétition : le Parti québécois (PQ), la Coalition Avenir Québec (CAQ), Québec solidaire (QS), le Parti conservateur du Québec (PCQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ). Le PQ, dirigé par Paul St-Pierre Plamondon, est donné favori avec environ 30 % d’appui dans les sondages. Le chef péquiste mise sur la souveraineté et la défense du français, tout en promettant d’abolir le poste de lieutenant-gouverneur s’il est élu. Cependant, la souveraineté reste un sujet clivant, avec des critiques internes, comme celles de l’humoriste Christian Vanasse ou d’un collectif d’artistes, qui jugent le discours du PQ trop restrictif sur l’immigration. La CAQ, menée par la première ministre Christine Fréchette, souffre d’un bilan contesté et d’une campagne marquée par des accusations d’ingérence américaine.

Défis du Parti québécois

Le PQ, bien que favori, doit faire face à plusieurs défis. D’abord, la souveraineté, pilier historique du parti, peine à séduire : seulement 30 % des Québécois y sont favorables, selon les sondages. Ensuite, le parti est critiqué pour sa gestion des questions migratoires, perçue comme trop restrictive par certains indépendantistes. Paul St-Pierre Plamondon rejette ces critiques, les qualifiant de partisanes ou de désinformation. Enfin, le PQ doit composer avec un électorat divisé, où une victoire pourrait se jouer avec seulement le tiers des suffrages, comme en 2014. L’auteur souligne que, pour gouverner efficacement, le chef péquiste devra faire preuve de rassemblement et éviter l’isolement politique.

Crise des services publics

Les Québécois expriment un mécontentement croissant face à la dégradation des services publics, notamment en santé, en logement et en éducation. Pourtant, les solutions proposées par les partis divergent radicalement. Québec solidaire (QS), avec sa co-porte-parole Ruba Ghazal, propose d’augmenter l’assiette fiscale en taxant les fortunes de plus de 25 millions d’euros, une mesure pragmatique mais impopulaire. À l’inverse, le Parti conservateur du Québec (PCQ), dirigé par Éric Duhaime, promet des baisses de dépenses publiques de 47 milliards d’euros sur cinq ans sans réduire les missions de l’État, une proposition jugée irréaliste par l’auteur. La CAQ, quant à elle, est critiquée pour son bilan et sa campagne axée sur la peur, tandis que le Parti libéral du Québec (PLQ), mené par Charles Milliard, peine à reconquérir les électeurs francophones.

Interculturalisme et immigration

L’article aborde la question de l’interculturalisme, un modèle québécois visant à préserver un espace francophone commun tout en intégrant les nouveaux arrivants. Cependant, le débat sur l’immigration a pris une tournure conflictuelle, notamment au PQ et à la CAQ, où la main tendue laisse place au poing fermé. L’auteur rappelle que les problèmes de logement ou de places en garderie ne sont pas imputables aux immigrants, mais à des choix collectifs de sous-investissement dans les services publics. Il souligne que la capacité d’accueil du Québec dépend davantage de la volonté politique de financer une société plus juste que d’une limite démographique abstraite. Le débat sur l’immigration est donc indissociable des enjeux de justice sociale et de déclin démographique.

Ce que ça pourrait changer

Quel que soit le résultat des élections, l’auteur anticipe une victoire du PQ, majoritaire ou minoritaire, avec seulement le tiers des voix. Ce scénario soulignerait les limites du mode de scrutin actuel et servirait d’avertissement pour Paul St-Pierre Plamondon. L’auteur estime que le chef péquiste devra faire preuve de pragmatisme et de rassemblement pour éviter l’isolement politique. Il rappelle que le PQ a déjà connu une résurgence après avoir frôlé la disparition en 2022, avec seulement trois députés. La campagne de 2026 a révélé une fragmentation politique inédite, avec cinq partis en lice, mais aucun ne semble en mesure de reproduire le balayage de la CAQ en 2022. La prudence sera donc de mise pour le prochain gouvernement.

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