Le groupe consultatif sur la classification des armes ne s’est toujours pas réuni
Mark Carney dit attendre l’avis du groupe avant de prendre toute décision concernant le statut du fusil SKS..
Un groupe consultatif technique, chargé d’éclairer le gouvernement canadien sur la classification des armes à feu, n’a toujours pas tenu sa première réunion à l’automne 2026, près d’un an après l’annonce officielle de cet examen par Ottawa. Ce groupe, nommé Groupe consultatif technique sur la classification des armes à feu, est composé d’experts qui doivent fournir des avis techniques au ministère de la Sécurité publique et à la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Selon Sécurité publique Canada, les membres se réuniront plus tard cet automne, sans date précise. Leur rôle est de moderniser le cadre juridique des armes à feu, des chargeurs et des munitions au Canada. Cet examen avait été annoncé en décembre 2025 par le ministre Gary Anandasangaree, avec l’objectif d’intégrer les perspectives des communautés autochtones, notamment sur le fusil SKS.
Le fusil SKS, un modèle semi-automatique, est au cœur des débats. Il a été utilisé lors de plusieurs fusillades meurtrières, dont celle de Tumbler Ridge en Colombie-Britannique, où une jeune femme de 18 ans a tué huit personnes le 10 février 2026 avant de se suicider. La GRC n’a pas révélé les armes utilisées, son enquête étant toujours en cours. Le SKS est aussi employé par certaines communautés autochtones pour la chasse de subsistance. Le premier ministre Mark Carney a indiqué que le gouvernement attendrait l’avis du groupe consultatif avant de décider du statut de ce fusil. Depuis mai 2020, Ottawa a interdit environ 2500 types d’armes à feu jugées trop dangereuses pour le public, mais le SKS n’en fait pas partie.
L’association PolySeSouvient, militante pour un contrôle plus strict des armes à feu, demande une interdiction immédiate des nouvelles ventes de SKS, le retrait des versions modernes de ce type d’arme et un programme de rachat volontaire pour les anciens modèles. Elle propose une exception pour les chasseurs autochtones. L’association critique le retard du gouvernement, estimant que chaque nouvelle consultation devient un prétexte pour reporter des décisions concrètes. Elle souligne que des vies sont en jeu et exige une action rapide. De son côté, l’Association des sports de tir du Canada souligne que les informations sur la fusillade de Tumbler Ridge restent incomplètes, notamment sur l’origine des armes utilisées et leur légalité.
L’examen du régime de classification des armes à feu, annoncé en décembre 2025, vise à simplifier et à rendre plus cohérent le classement des armes au Canada. Il inclut des consultations ciblées avec les communautés autochtones, notamment sur le SKS, pour intégrer leurs traditions et besoins. Le ministère de la Sécurité publique a promis de publier plus d’informations sur le groupe consultatif et les consultations *à court terme*. Ce groupe rassemblera des experts aux profils variés pour apporter des avis techniques et des perspectives diversifiées. Malgré ces promesses, les détails concrets sur les prochaines étapes restent flous, et les associations s’impatientent.

