Le coût du référendum ravive les attaques contre le PQ
Les partis ont ramené à l’avant-plan le faible appétit des Québécois pour la souveraineté..
Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a estimé à 130 millions de dollars le coût d’un éventuel référendum sur la souveraineté du Québec. Cette somme se décompose en 20 millions pour les deux premières années, destinés à des études et consultations, et 110 millions pour l’organisation du scrutin prévu entre 2029 et 2030. Ses adversaires politiques, notamment la cheffe de la Coalition Avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, et le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, ont critiqué cette dépense, la jugeant excessive ou inutile au vu des sondages montrant un faible appui des Québécois à l’indépendance. Par exemple, un sondage Léger révèle que seulement 27 % des répondants voteraient oui à un référendum, contre 62 % pour le non. Plamondon a défendu cette somme en la comparant aux milliards dépensés par le gouvernement fédéral dans des dossiers controversés comme Phénix (un système informatique défaillant) ou WE Charity (un scandale de subventions).
Les partis d’opposition ont saisi l’occasion pour remettre en question la pertinence d’un référendum sur la souveraineté. Christine Fréchette (CAQ) a qualifié la dépense de 130 millions de dollars de gaspillage, suggérant que ces fonds pourraient être mieux utilisés ailleurs. Charles Milliard (PLQ) a également critiqué cette initiative, la jugeant inutile compte tenu des résultats des sondages. Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), a quant à lui accusé Plamondon de vivre dans une bulle, affirmant que les Québécois veulent que les partis se concentrent sur des enjeux plus urgents. Duhaime a aussi souligné que le dernier sondage Léger montre un recul d’un point de l’appui à la souveraineté par rapport à l’année précédente. Plamondon a rétorqué que la tenue d’un référendum est un prix de la démocratie, tout en comparant son coût à celui d’un référendum prévu en Alberta, estimé à un montant similaire.
Christine Fréchette, cheffe de la CAQ, a adopté une position ambiguë sur la question nationale en se définissant comme une autonomiste plutôt que de se prononcer clairement pour ou contre la souveraineté. Lors d’une conférence de presse, elle a évoqué des avantages à rester au Canada, comme la capacité de rassembler les efforts du Québec avec ceux du reste du pays pour négocier des accords commerciaux, notamment avec les États-Unis. Cette stratégie vise probablement à éviter de s’aliéner une partie de l’électorat tout en maintenant une ligne politique distincte. Cependant, cette position a été critiquée par Plamondon (PQ), qui y voit un manque de transparence et d’honnêteté. Fréchette a refusé de préciser si elle voterait oui ou non en cas de référendum, préférant insister sur son approche autonomiste.
La question des finances des partis est devenue un enjeu central de la campagne électorale. Le PQ et le PLQ n’ont pas encore dévoilé leur cadre financier détaillé, contrairement à Québec solidaire (QS), qui a présenté le sien vendredi. QS promet un retour à l’équilibre budgétaire en trois ans et estime que la tenue d’un référendum coûterait 220 millions de dollars, soit 90 millions de plus que l’estimation du PQ. Fréchette (CAQ) a maintenu son refus de s’engager sur un cadre financier précis, tandis que Charles Milliard (PLQ) a promis de le présenter avant le premier débat télévisé des chefs, prévu mardi. Le manque de transparence sur les finances des partis a été souligné par Ruba Ghazal (QS), qui a critiqué le retard des autres formations à publier leurs engagements.
Plusieurs candidats conservateurs ont été impliqués dans des controverses depuis le début de la campagne, ce qui a nui à l’image du PCQ. Jimmy Gagnon, candidat conservateur dans la circonscription de Mégantic, a été reconnu coupable en 2024 d’avoir détruit une partie de l’érablière de ses voisins, âgés de 77 et 79 ans. Éric Duhaime, chef du PCQ, a minimisé l’affaire en la qualifiant de chicane entre voisins, sans exclure que Gagnon siège à l’Assemblée nationale. Cette affaire a conduit à l’annulation d’un point de presse prévu à Lac-Mégantic. Gagnon est le onzième candidat conservateur à attirer la controverse depuis le début de la campagne. Duhaime a également dû défendre l’un de ses candidats libéraux, Simon Farnell Morisset, accusé d’avoir effectué des dons illégaux au PLQ alors qu’il résidait à New York. Charles Milliard, chef du PLQ, a maintenu sa confiance en son candidat malgré ces allégations.
Selon le dernier sondage Léger, le Parti québécois (PQ) arrive en tête des intentions de vote avec 29 % des appuis, devant la CAQ (23 %) et le PLQ (22 %). Ces chiffres reflètent une légère baisse pour le PQ par rapport à la même période l’an dernier, où son appui était de 30 %. La CAQ, bien que deuxième, voit son score stable, tandis que le PLQ progresse légèrement. Ces résultats montrent une compétition serrée entre les trois principaux partis. Les sondages indiquent également que l’appui à la souveraineté reste faible, avec seulement 27 % des Québécois prêts à voter *oui* en cas de référendum, contre 62 % pour le *non*. Ces données renforcent les critiques des partis opposés à un référendum, qui jugent cette initiative peu prioritaire pour la majorité des électeurs.

