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Géopolitique

En Côte d’Ivoire, un fragile refuge pour les homosexuels africains persécutés

Courrier International · mis à jour 3 oct.

En Afrique, la multiplication des lois qui criminalisent l’homosexualité entraîne des violences généralisées contre les personnes LGBTQ+. Le quotidien espagnol “El País” s’est rendu à Abidjan, en Côte d’Ivoire, où l’ONG Arc-en-ciel accueille celles et ceux qui fuient ces mauvais traitements..

Un refuge discret

En Côte d’Ivoire, une maison de trois étages sans enseigne ni plaque sur la porte sert de refuge temporaire à des personnes LGBTQ+ persécutées dans leur pays d’origine. Ces individus viennent notamment du Cameroun, du Nigeria, du Sénégal, du Mali, de Guinée ou d’autres régions de Côte d’Ivoire. Ils ont subi des violences physiques, des persécutions policières, des rejets familiaux ou des menaces de mort en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Ce lieu leur offre un espace sécurisé où ils peuvent vivre librement, sans crainte d’être discriminés ou agressés. L’accueil inclut un hébergement, de la nourriture, des soins médicaux et un accompagnement psychologique. La gestion de ce refuge est assurée par l’ONG Arc-en-ciel, une organisation locale qui lutte pour les droits des minorités sexuelles et de genre en Afrique de l’Ouest.

Une protection limitée

En Côte d’Ivoire, aucune loi ne criminalise explicitement les relations entre personnes de même sexe, contrairement à de nombreux pays africains où l’homosexualité est passible de prison. Cependant, la législation ivoirienne ne protège pas non plus les personnes LGBTQ+ contre les discriminations ou les violences. Ces dernières années, le contexte social, politique et religieux est devenu de plus en plus hostile envers les minorités sexuelles et de genre dans le pays. Bien que la situation en Côte d’Ivoire reste moins tendue que dans d’autres États d’Afrique de l’Ouest, les discriminations y sont fréquentes et les persécutions peuvent être violentes. Par exemple, des lois anti-LGBTQ+ se sont multipliées en quelques mois dans des pays voisins comme le Niger ou le Burkina Faso, illustrant une tendance régionale inquiétante.

Ressources limitées

L’ONG Arc-en-ciel, qui gère le refuge, dispose de maigres ressources pour soutenir les personnes LGBTQ+ en besoin. Cette situation s’explique en partie par une baisse des aides internationales, qui limite la capacité de l’organisation à offrir des services complets. Malgré ces contraintes financières, le refuge parvient à fournir un toit, de la nourriture, des soins médicaux et un suivi psychologique aux personnes accueillies. L’ONG joue ainsi un rôle crucial dans la protection des minorités sexuelles et de genre, en offrant un espace de sécurité et de solidarité dans un environnement souvent hostile. Son action illustre l’importance des initiatives locales dans la défense des droits humains, même lorsque les moyens sont réduits.

Ce que ça pourrait changer

La Côte d’Ivoire se distingue dans une région où de nombreux pays durcissent leur législation contre les personnes LGBTQ+. Par exemple, au Nigeria, l’homosexualité est passible de peines de prison pouvant aller jusqu’à 14 ans, et dans certains États, elle est même punie de la peine de mort. Au Sénégal, les relations entre personnes de même sexe sont interdites et peuvent entraîner des peines de prison. En Côte d’Ivoire, bien que la situation ne soit pas idéale, elle reste moins répressive, ce qui explique pourquoi des personnes persécutées dans d’autres pays y trouvent refuge. Cette différence s’explique en partie par une tradition juridique moins répressive, mais aussi par un contexte social et religieux moins hostile qu’ailleurs en Afrique de l’Ouest.

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