La Chine invente une injection pour prendre du muscle sans bouger : elle n’a pas été créée pour vider les salles de sport
En Chine, un groupe de chercheurs a développé une injection qui permet de prendre du muscle sans faire d’exercice. Les essais sur des souris ont été concluants, mais aucun test sur des humains n’a encore été fait..
Des chercheurs chinois ont développé une méthode permettant de stimuler la croissance musculaire sans effort physique. Leur technique repose sur l’injection de myocytes autologues différenciés, des cellules musculaires prélevées sur le patient lui-même puis modifiées en laboratoire pour être injectées sous la peau. Lors d’expériences menées sur des souris, ces myogreffes ont montré une capacité à former des structures musculaires matures et vascularisées, capables de se contracter de manière continue. Les scientifiques soulignent que ces injections pourraient, à terme, offrir une solution pour les personnes incapables de pratiquer une activité physique. L’étude a été publiée dans la revue Nature Aging, une référence dans le domaine du vieillissement et de la biologie musculaire.
Contrairement à une idée reçue, cette innovation n’a pas pour but de remplacer les salles de sport ou de décourager l’exercice physique. Son objectif principal est médical : aider des patients qui, pour des raisons de santé ou de mobilité réduite, ne peuvent pas prendre de muscle par des moyens traditionnels. Le muscle squelettique joue en effet un rôle clé dans le métabolisme, la régulation du poids et le vieillissement. L’un des chercheurs, Ng Shyh-Chang, précise que « les personnes qui ont le plus besoin d’exercice sont aussi celles qui ne peuvent pas en faire le plus ». L’injection de myogreffes vise donc à améliorer leur santé de base avant qu’elles puissent éventuellement reprendre une activité physique adaptée.
Les tests réalisés sur des souris ont donné des résultats encourageants. Les myogreffes injectées ont permis aux animaux de développer une masse musculaire significative, avec des muscles présentant des caractéristiques matures et bien vascularisées. Les chercheurs ont observé une contraction musculaire continue chez les souris traitées, confirmant l’efficacité du procédé. Cependant, ces résultats restent préliminaires et ne garantissent pas un succès identique chez l’humain. Les scientifiques insistent sur le fait que « le profil complet de sécurité et pharmacologique des myogreffes autologues reste à établir lors d’essais cliniques chez l’homme ». Aucune date n’est avancée pour le début de ces tests sur des volontaires humains.
Cette découverte ouvre la voie à un potentiel traitement pour des patients souffrant de perte musculaire due à l’âge, à des maladies chroniques ou à des handicaps. Les *myogreffes* pourraient ainsi devenir un outil thérapeutique pour des populations comme les personnes âgées, les malades en rémission ou les individus immobilisés. Les chercheurs chinois, dont les travaux sont publiés dans *Nature Aging*, estiment que cette approche pourrait *« assurer une santé de base »* avant une éventuelle reprise d’activité physique. Pour l’instant, la technologie en est au stade de la recherche préclinique, et son application humaine dépendra des résultats des futurs essais cliniques.

