Cette planète qui tourne à l'envers remet en cause les scénarios de formation planétaire
La planète GJ 3090 b tourne à l'envers, dans le sens opposé à celui de son étoile. Aucune géante ni compagne stellaire ne rôde dans le système.
Des astronomes ont identifié une exoplanète, nommée WASP-17b, située à environ 1 000 années-lumière de la Terre, qui tourne dans le sens inverse de son étoile. Cette particularité, appelée rotation rétrograde, est extrêmement rare dans l'univers connu. Normalement, les planètes se forment à partir d'un disque de gaz et de poussière tournant autour d'une jeune étoile, ce qui explique pourquoi elles orbitent généralement dans le même sens que leur étoile. WASP-17b défie donc les modèles classiques de formation planétaire, obligeant les scientifiques à repenser leurs théories.
WASP-17b est une géante gazeuse, environ deux fois plus grande que Jupiter, mais avec une masse bien moindre, comparable à celle de Saturne. Sa température de surface atteint 1 500 °C, ce qui en fait une planète de lave. Elle orbite très près de son étoile, en seulement 3,7 jours terrestres, ce qui explique sa température extrême. Sa rotation rétrograde suggère qu'elle a subi des perturbations majeures après sa formation, probablement causées par des interactions gravitationnelles avec d'autres corps célestes ou des collisions.
La découverte de WASP-17b remet en cause les scénarios traditionnels de formation des planètes. Jusqu'à présent, les astronomes pensaient que les planètes se formaient dans un disque protoplanétaire tournant dans le même sens que leur étoile, en raison de la conservation du moment cinétique. La rotation rétrograde de WASP-17b indique que des mécanismes encore mal compris, comme des perturbations gravitationnelles ou des migrations planétaires, jouent un rôle clé dans l'évolution des systèmes planétaires. Cette planète devient ainsi un cas d'étude pour affiner les modèles théoriques.
Les chercheurs ont utilisé des données du télescope spatial James Webb pour analyser l'atmosphère de WASP-17b. Grâce à la spectroscopie, ils ont détecté des molécules comme la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone, confirmant la présence d'une atmosphère, bien que celle-ci soit en partie évaporée en raison des températures extrêmes. Ces observations permettent de mieux comprendre la composition et l'histoire de cette planète atypique, tout en ouvrant de nouvelles pistes pour l'étude des exoplanètes.
La découverte a suscité l'intérêt de la communauté astronomique, car elle illustre la diversité des systèmes planétaires dans l'univers. Les scientifiques soulignent que WASP-17b n'est pas un cas isolé, mais que d'autres planètes rétrogrades pourraient exister. Cette planète pourrait ainsi devenir un laboratoire naturel pour étudier les effets des interactions gravitationnelles sur l'évolution des systèmes stellaires. Les recherches futures pourraient révéler d'autres exemples similaires, remettant encore davantage en question les modèles établis.

