Carney ouvert à donner plus de pouvoirs en immigration aux provinces
Les nouveaux pouvoirs seraient toutefois moins importants que ceux du Québec..
Le premier ministre canadien Mark Carney a indiqué qu’il était ouvert à l’idée d’accorder davantage de pouvoirs aux provinces en matière d’immigration, notamment à l’Alberta. Cette déclaration fait suite à des demandes provinciales, dont celle de l’Alberta qui souhaite obtenir des compétences accrues dans ce domaine. Cependant, Mark Carney a précisé que ces nouveaux pouvoirs seraient moins étendus que ceux dont dispose déjà le Québec. En effet, le Québec est la seule province à bénéficier d’une autonomie complète pour sélectionner ses immigrants économiques et fixer ses propres seuils d’immigration, en vertu d’un accord spécifique avec le gouvernement fédéral. Cette particularité québécoise est justifiée par son statut distinct, notamment en raison de sa culture et de sa langue.
L’annonce de Mark Carney intervient dans un contexte politique particulier pour l’Alberta. Lors d’un référendum organisé le 20 octobre 2026, les électeurs albertains ont été consultés sur plusieurs questions, dont une portant sur l’obtention de nouveaux pouvoirs provinciaux, notamment en immigration. Bien que le dépouillement des votes se poursuive encore au moment de la déclaration de Carney, les résultats préliminaires indiquaient que le « oui » était majoritaire pour la plupart des questions posées. Ces demandes reflètent une volonté locale d’autonomie accrue, bien que l’Alberta ne souhaite pas, selon les résultats, quitter le Canada.
Le premier ministre a souligné que l’objectif de cette réforme serait d’améliorer l’efficacité du système d’immigration, notamment pour répondre aux besoins des entreprises. L’immigration économique désigne les programmes permettant aux travailleurs qualifiés, aux entrepreneurs ou aux investisseurs de s’installer au Canada pour contribuer à l’économie. Actuellement, le gouvernement fédéral gère ces programmes, mais les provinces pourraient bientôt jouer un rôle plus important dans leur mise en œuvre. La ministre fédérale de l’Immigration, Lena Diab, devrait dévoiler prochainement les nouveaux seuils d’immigration pour l’année à venir, probablement en novembre 2026.
L’Accord Canada-Québec sur l’immigration est un traité signé entre le gouvernement fédéral et le Québec, qui accorde à cette province des pouvoirs uniques en matière d’immigration. Grâce à cet accord, le Québec peut établir ses propres critères de sélection des immigrants économiques, fixer ses propres quotas d’accueil et gérer des programmes d’intégration adaptés à sa réalité linguistique et culturelle. Cet arrangement est le résultat d’un compromis historique visant à préserver l’identité québécoise au sein du Canada. Mark Carney a rappelé que cette autonomie était « appropriée » et liée à la spécificité du Québec, ce qui explique pourquoi les autres provinces ne bénéficieraient pas des mêmes pouvoirs.
Bien que Mark Carney ait ouvert la porte à une plus grande décentralisation des pouvoirs en immigration, aucune décision définitive n’a encore été prise. Le gouvernement fédéral poursuit des discussions avec les provinces pour évaluer la faisabilité et les modalités de ces nouveaux arrangements. La ministre Lena Diab, responsable de l’Immigration, devrait présenter un plan détaillé sur les seuils d’immigration dans les prochaines semaines. Ce plan pourrait inclure des ajustements pour refléter les nouvelles responsabilités potentielles des provinces. Aucune date précise n’a été communiquée pour l’adoption de ces mesures.

