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Au FNC, le cinéma canadien à l’avant-plan

Le Devoir · mis à jour il y a 28 j

Le festival propose des pépites du Canada qui seraient inaccessibles autrement et récompense le Torontois Atom Egoyan..

Festival du nouveau cinéma

Le Festival du nouveau cinéma (FNC), créé en 1971, est un événement annuel montréalais qui met en avant des films originaux, qu’ils soient locaux ou internationaux. Contrairement à d’autres festivals québécois qui réservent des sections spécifiques au cinéma québécois, le FNC intègre dès sa programmation des œuvres issues de toutes les régions du Canada. Cette année, le festival célèbre son 55e anniversaire et décerne son prix de carrière à Atom Egoyan, réalisateur torontois reconnu internationalement. Le FNC se distingue ainsi par son ouverture à la diversité du cinéma canadien, offrant une vitrine aux talents émergents et établis de l’ensemble du pays. L’édition 2026 se déroule du 8 au 18 octobre dans plusieurs salles de Montréal.

Cinéma canadien marginalisé

Bien que le cinéma québécois occupe une place centrale dans l’histoire du FNC, depuis au moins une décennie, le festival s’efforce de promouvoir des œuvres canadiennes issues d’autres provinces. Émilie Poirier, responsable de la programmation par intérim, souligne que des films comme Still Night, Burning House de Carol Nguyen ou Les ombres lumineuses de Nicolas Dufour-Laperrière sont des incontournables de la compétition nationale. Cependant, des réalisateurs de l’Alberta, du Nunavut, de l’Ontario ou de la Colombie-Britannique y sont également représentés. Le FNC joue un rôle clé dans la diffusion de ces films au Québec, car ils sont souvent peu distribués dans la province. Par exemple, des œuvres canadiennes présentées au FNC ont ensuite été projetées en salles québécoises. Pour éviter les doublons avec d’autres festivals, le FNC collabore avec des événements comme ceux de Vancouver ou d’Halifax.

Rôle de Téléfilm Canada

Téléfilm Canada est une organisation publique qui soutient financièrement les festivals et la diffusion des films canadiens. Pour bénéficier de son Programme d’aide aux festivals, un organisme doit inclure au moins 15 % de films canadiens dans sa programmation sur une année. Pour le Programme d’aide à la diffusion en salle, un minimum de quatre longs métrages canadiens doit avoir été présentés l’année précédente. Bien que Téléfilm Canada ne compile pas de données précises sur la diffusion au Québec des films canadiens issus d’autres provinces, l’organisme reconnaît l’importance des festivals dans cette dynamique. Virginie Pichet, gestionnaire des communications externes, confirme que ces initiatives sont encouragées pour renforcer la visibilité du cinéma canadien à l’échelle nationale.

Atom Egoyan et son parcours

Atom Egoyan, réalisateur canadien d’origine arménienne né à Toronto, recevra la Louve d’honneur du FNC en 2026. Il évoque son attachement au Québec, où il a présenté son deuxième long métrage, Family Viewing, en 1987. Lors de ce festival, Wim Wenders, invité la même année, lui a offert son prix de 5 000 $, une somme qui a contribué à faire connaître son film à l’international. Egoyan a lui-même soutenu un cinéaste de Colombie-Britannique en lui remettant un prix de 25 000 $ au FNC quatre ans plus tard. Cette année, le festival présentera une copie restaurée de son œuvre majeure, The Sweet Hereafter, primée à Cannes en 1997 avec trois récompenses. Egoyan exprime sa gratitude envers le cinéma québécois, qui l’a inspiré dans les années 1970 et 1980, et se dit heureux de partager cette restauration avec le public montréalais.

Ce que ça pourrait changer

Le FNC met en lumière une sélection variée de films canadiens, reflétant la richesse des réalisateurs et des cultures du pays. Parmi les titres présentés cette année, on trouve *Clubfoot* de Nathan Donovan (Alberta), *In the Heart of the South* de Nyla Innuksuk (Nunavut et Ontario), *Manhunt* de Wayne Wapeemukwa (Colombie-Britannique), *The Color of the Sun* de Xavier Tera (Québec) et *Un feu au loin* de Marlene Edoyan (Québec). Ces œuvres illustrent des thèmes et des styles différents, allant du drame à l’expérimentation visuelle. Le festival joue ainsi un rôle de découvreur pour des talents parfois méconnus, en offrant une plateforme pour des récits qui pourraient autrement rester dans l’ombre.

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