Le réveil européen face à Starlink : Orange pourrait s’allier à d’autres opérateurs pour concurrencer les satellites d’Elon Musk
Orange pourrait s’allier avec d’autres opérateurs européens pour concurrencer Starlink. Ce groupe pourrait profiter d’une proposition de la Commission européenne, qui veut réserver un tiers de la bande de fréquences 2 GHz MSS (idéales pour l’internet mobile par satellite) aux opérateurs de l’UE..
En septembre 2026, quatre grands opérateurs européens de téléphonie mobile – Orange, Deutsche Telekom, Vodafone Group et Telefonica – envisagent de s’allier pour créer une alternative locale à Starlink, le service d’internet par satellite d’Elon Musk. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une proposition de la Commission européenne visant à réserver une partie des fréquences radio adaptées à l’internet mobile par satellite aux acteurs européens. L’objectif est de réduire la dépendance du continent vis-à-vis des technologies étrangères et de couvrir les zones mal desservies par les réseaux terrestres, appelées zones blanches. Ces fréquences, désignées sous le terme 2 GHz MSS, sont particulièrement adaptées pour transmettre des données via des satellites directement vers des smartphones.
La Commission européenne a proposé en mai 2026 de partager la bande de fréquences 2 GHz MSS en trois parties. Un tiers serait réservé aux gouvernements pour des usages publics, tandis que les deux tiers restants seraient dédiés aux services commerciaux. Parmi ces derniers, seule la moitié serait accessible aux opérateurs non européens. Cette mesure vise à encourager le développement d’une industrie européenne autonome dans le domaine des satellites. Cependant, cette proposition doit encore être approuvée par le Parlement européen et le Conseil avant d’entrer en vigueur. Elle a déjà suscité des réactions, notamment de la part de SpaceX, qui craint des interférences avec ses services existants.
La proposition européenne a provoqué des tensions avec les États-Unis. En mai 2026, Brendan Carr, président de la FCC (l’autorité américaine de régulation des télécommunications), a critiqué cette initiative. Il a rappelé que les États-Unis appliquent depuis des décennies le principe de réciprocité dans les échanges avec les opérateurs européens. Selon lui, cette mesure européenne pourrait être perçue comme discriminatoire et entraîner des représailles. La FCC a même ouvert une procédure pour garantir un traitement équitable aux entreprises américaines sur son territoire. Cette situation illustre les enjeux géopolitiques liés à la maîtrise des technologies spatiales et des infrastructures numériques.
Starlink, propriété de SpaceX, propose déjà un service d’internet par satellite en Europe via des partenariats avec des opérateurs locaux. Ce service permet aux utilisateurs d’accéder à une connexion haut débit dans des zones isolées ou mal desservies par les réseaux mobiles classiques. Cependant, les opérateurs européens souhaitent développer une solution souveraine pour ne pas dépendre d’une technologie étrangère. En septembre 2026, Elon Musk a mis en garde la Commission européenne contre les risques de cette proposition, évoquant des problèmes d’interférences et la possibilité que les Européens se retrouvent sans accès à ces services. Ces déclarations soulignent les tensions entre innovation privée et régulation publique dans le secteur spatial.
Le développement d’une alternative européenne à Starlink représente un défi technologique et économique majeur. Les opérateurs devront investir dans des infrastructures satellites et des technologies de transmission adaptées. Par ailleurs, la réussite de ce projet dépendra de l’accès aux fréquences réservées et de la capacité à rivaliser avec les services déjà déployés par SpaceX. Pour l’Europe, l’enjeu est double : renforcer son autonomie stratégique dans le numérique et offrir une couverture internet universelle à ses citoyens. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de souveraineté technologique, déjà observée dans d’autres secteurs comme l’intelligence artificielle ou les semi-conducteurs.

