L’Alberta imposera des frais de recyclage de 14$ par panneau solaire
Il s’agit du premier programme officiel de recyclage des panneaux solaires au Canada..
À partir d'octobre 2026, l'Alberta imposera un frais de 14$ par panneau solaire acheté, destiné à financer leur futur recyclage. Ce montant s'applique à tous les panneaux solaires d'au moins un mètre carré, qu'ils soient installés sur des toits résidentiels ou dans des centrales solaires. Par exemple, un projet de 100 000 panneaux coûtera 1,4 million de dollars en frais de recyclage, payés dès l'achat. Ce système est le premier du genre au Canada. L'objectif est de couvrir les coûts de collecte, transport et recyclage des panneaux, tout en évitant de reporter cette charge sur les municipalités ou les contribuables. Les panneaux déjà installés ne seront pas concernés par des frais rétroactifs.
Le gouvernement albertain justifie ce frais par l'ampleur des déchets à venir. Selon le Recycling Council of Alberta, plus de 95% des panneaux actuels pourraient atteindre la fin de leur durée de vie d'ici 2045, générant jusqu'à 72 700 tonnes de matériaux à recycler. Une interdiction d'enfouir les panneaux entrera en vigueur le 1er octobre 2026, renforçant la nécessité de ce système. L'Alberta Recycling Management Authority (ARMA) explique que le montant de 14$ couvre les coûts d'exploitation, d'investissement et une réserve pour les dépenses futures jusqu'en 2060. Cependant, l'organisme n'a pas détaillé les calculs précis menant à ce chiffre, ce qui suscite des interrogations.
Le frais albertain de 14$ par panneau est jugé excessif par certains acteurs. Par exemple, le Business Renewables Centre (BRC) estime que ce montant est 139% plus élevé que dans d'autres programmes. En France, la contribution standard pour recycler un panneau solaire (20 à 30 kg) est de 1,73€, avec des réductions possibles pour les panneaux respectant des critères environnementaux. En Australie, le gouvernement a alloué 24,7 millions de dollars australiens sur trois ans pour un projet pilote de recyclage, financé par les contribuables. Ces exemples montrent des approches variées, mais soulignent l'importance de la transparence dans le calcul des frais.
Les panneaux solaires ont une durée de vie nominale de 25 ans, mais peuvent fonctionner au-delà. L'Association canadienne de l'énergie renouvelable souligne que certains panneaux remplacés ou endommagés peuvent être réparés ou revendus. Le programme albertain prévoit déjà un tri des panneaux pour identifier ceux réutilisables ou réparables, ce qui pourrait retarder leur recyclage. Par exemple, le verre récupéré pourrait être utilisé dans la fabrication de trottoirs, et l'aluminium dans des pièces automobiles. Ces pratiques visent à maximiser la valeur des matériaux et à réduire les déchets.
Certaines entreprises canadiennes voient dans le recyclage des panneaux une opportunité. Par exemple, Sunset Renewable Asset Management a déjà récupéré 10 000 panneaux dans ses installations près de Brooks (Alberta). Son président, Dan Carrocci, se félicite des infrastructures mises en place pour anticiper l'afflux de déchets. Cependant, des acteurs comme Michael McGahern, d'Ottawa Solar Power, soulignent que le vrai débat porte sur le financement et la répartition des coûts dans l'écosystème énergétique. L'industrie s'accorde sur la nécessité du recyclage, mais pas sur la manière de le financer.
L'Alberta a établi les bases d'un système de recyclage des panneaux solaires, incluant la collecte, le recyclage et la réutilisation. Cependant, la question du financement reste ouverte. La publication des hypothèses ayant conduit au frais de 14$, ainsi que des objectifs clairs en matière de réutilisation et de récupération, permettrait aux acheteurs de mieux comprendre ce qu'ils financent. L'efficacité du système dépendra de la transparence des calculs et de l'équilibre entre les coûts perçus aujourd'hui et les bénéfices futurs pour l'environnement et l'économie.

