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Généraliste

Où sont passés les discours de peur?

Le Devoir · mis à jour 26 sept.

Paul St-Pierre Plamondon dit s’attendre à ce que ses «adversaires augmentent le nombre de décibels sur la peur»..

Contexte électoral actuel

Avec moins de 10 jours avant le scrutin du 5 octobre 2026, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, se trouve dans une position favorable pour diriger un gouvernement majoritaire. Selon les sondages de Léger (21 septembre 2026), le PQ obtient 29 % des intentions de vote, devant le Parti libéral du Québec (PLQ) à 23 %, la Coalition avenir Québec (CAQ) à 20 %, le Parti conservateur du Québec (PCQ) à 17 % et Québec solidaire à 10 %. Grâce au mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour, le PQ pourrait obtenir 49,6 % des sièges (63 sur 127) avec seulement 29 % des voix, selon le modèle de projection électorale Qc125. Paul St-Pierre Plamondon souligne que cette majorité lui permettrait de mettre en œuvre ses promesses sans dépendre des autres partis.

Stratégie référendaire du PQ

Paul St-Pierre Plamondon a adopté une approche progressive pour aborder la question de l'indépendance du Québec, en utilisant une méthode appelée traitement d'exposition. Ce concept, issu de la psychologie, consiste à exposer régulièrement les électeurs à une idée ou une situation redoutée, ici la souveraineté, jusqu'à ce que la peur associée diminue. Depuis 2020, il a progressivement normalisé l'idée d'un référendum en présentant des budgets, des livres bleus et des échéances précises. Par exemple, il a annoncé en 2024 que le référendum serait organisé « d'ici la fin de la décennie » et publié en 2026 un Livre bleu détaillant le projet d'indépendance. Cette stratégie vise à désamorcer la charge symbolique de l'enjeu en le rendant familier.

Réactions des autres partis

Les chefs des autres partis (PLQ, CAQ, PCQ) ont réagi à la proposition de référendum du PQ en mettant en garde contre les risques économiques et politiques. Christine Fréchette (CAQ) a déclaré travailler « pour des gains du Québec dans le cadre canadien », tandis qu'Éric Duhaime (PCQ) a invité les électeurs à bloquer « l'obsession référendaire » de Plamondon. Charles Milliard (PLQ) a qualifié le scrutin de « référendaire » mais a adopté une position minimaliste pour contrer la menace souverainiste. En 2014, Philippe Couillard (PLQ) avait utilisé des arguments similaires, évoquant « l'incertitude » d'un référendum comme frein aux investissements. Les partis fédéraux craignent notamment les tensions commerciales avec les États-Unis.

Normalisation de la souveraineté

Selon Olivier Turbide, professeur à l'Université du Québec à Montréal, Paul St-Pierre Plamondon a réussi à normaliser l'option souverainiste en la présentant comme un élément ordinaire du paysage politique québécois. Cette approche permet au PQ de solliciter un vote de gouvernement sans exiger une adhésion immédiate au projet indépendantiste. Les électeurs québécois, selon Denis Monière (Université de Montréal), sont davantage préoccupés par des enjeux socioéconomiques immédiats comme le logement, le coût de la vie ou les tensions géopolitiques. La stratégie de Plamondon s'inspire de celle de Jacques Parizeau, qui avait dû surmonter des résistances pour mener à bien ses idées.

Ce que ça pourrait changer

Malgré les sondages favorables, Paul St-Pierre Plamondon anticipe une intensification des discours de peur de la part de ses adversaires politiques. Il estime que ces derniers pourraient amplifier leurs arguments pour dissuader les électeurs de soutenir le PQ. Pourtant, sa stratégie de transparence et de répétition semble porter ses fruits, en réduisant la charge émotionnelle associée à l'indépendance. Denis Monière souligne que Plamondon assume pleinement l'idée d'une rupture avec le Canada, contrairement à ses prédécesseurs qui évitaient souvent d'aborder directement la question. La campagne électorale de 2026 pourrait ainsi marquer un tournant dans la perception de la souveraineté au Québec.

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