Vers une explosion du prix des PC et des smartphones : cet expert prédit dix ans de malheur à cause de la pénurie de RAM
La pénurie de mémoire vive est-elle partie pour rester ? C’est la prédiction inquiétante d’un acteur important du marché..
Depuis près d’un an, le marché des composants électroniques fait face à une pénurie de DRAM (Dynamic Random Access Memory), un type de mémoire vive essentielle au fonctionnement des ordinateurs, smartphones, consoles et autres appareils technologiques. Cette situation, déjà critique, pourrait s’aggraver selon Chen Li-Bai, président de l’entreprise taïwanaise ADATA, spécialisée dans les composants informatiques. Les fabricants de DRAM comme Samsung, Micron ou SK Hynix ont en effet réorienté une partie importante de leur production vers la HBM (High Bandwidth Memory), une mémoire plus performante mais réservée aux centres de données, notamment ceux utilisés pour l’intelligence artificielle. Cette réorientation a réduit l’offre disponible pour le grand public, entraînant une hausse des prix des appareils électroniques et une tension sur les stocks.
La cause principale de cette pénurie est l’explosion de la demande en HBM (High Bandwidth Memory), une mémoire ultra-rapide utilisée par les centres de données pour entraîner les modèles d’intelligence artificielle. Les géants du secteur comme Micron ont même abandonné leur marque grand public Crucial pour se concentrer uniquement sur le marché professionnel (B2B). Cette stratégie a pour effet de réduire l’accès des fabricants de PC et smartphones à la DRAM, dont les prix s’envolent. Chen Li-Bai souligne que cette situation, qualifiée de « bulle IA », pourrait durer bien plus longtemps que prévu, car les fabricants de mémoire restent prudents et limitent leurs investissements par crainte d’un effondrement futur de la demande.
Selon Chen Li-Bai, la pénurie de DRAM ne devrait pas s’atténuer avant au moins dix ans. La demande en HBM continue d’augmenter, non seulement dans les secteurs professionnels et gouvernementaux, mais aussi pour les applications grand public. Les fabricants de mémoire, comme Samsung, Micron et SK Hynix, hésitent à augmenter massivement leur production, craignant une surcapacité et une chute brutale des prix. Cette prudence aggrave la situation, car elle maintient artificiellement une offre insuffisante pour répondre à la demande. Li-Bai précise que même après 2030, il faudra encore attendre plusieurs années avant que la situation ne se normalise, évoquant une possible « bulle IA » vers 2040 ou 2050.
Les conséquences de cette pénurie se répercutent directement sur les prix des appareils technologiques. Les fabricants de PC, smartphones et autres dispositifs électroniques doivent se battre pour obtenir des stocks de DRAM, ce qui fait grimper les coûts de production. À terme, cette situation pourrait entraîner une hausse durable des prix des ordinateurs, smartphones et consoles, rendant ces produits moins accessibles pour les consommateurs. Chen Li-Bai met en garde contre une inflation des prix qui pourrait s’installer dans la durée, avec des répercussions économiques sur l’ensemble du secteur technologique. Les utilisateurs pourraient donc devoir payer plus cher pour des appareils moins performants en termes de mémoire.
Les principaux acteurs de cette crise sont les fabricants de mémoire vive, notamment les trois géants Samsung, Micron et SK Hynix, qui dominent le marché. Ces entreprises ont choisi de privilégier la production de *HBM* au détriment de la *DRAM* grand public, en raison de la forte demande en intelligence artificielle. Chen Li-Bai, président d’ADATA, une entreprise taïwanaise spécialisée dans les composants, joue un rôle d’observateur et de porte-parole de la situation. Son analyse met en lumière les tensions entre les besoins du marché grand public et ceux des centres de données, ainsi que les risques économiques liés à une production insuffisante.

