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IA, plateformes

Maddyness · mis à jour il y a 14 j

L’article IA, plateformes, creator economy : les 10 tendances qui vont transformer les industries créatives est apparu en premier sur Maddyness - Le média pour comprendre l'économie de demain..

Futuristes et industries créatives

Le livre French Touch Vision, publié par Bpifrance en mai 2026, s’appuie sur une centaine d’entretiens avec des acteurs des industries créatives (cinéma, musique, mode, jeu vidéo, etc.). Il révèle une différence culturelle entre la France et les États-Unis : ces derniers emploient des futuristes, des professionnels dont le métier est d’imaginer des scénarios futurs, même partiellement inexacts, pour stimuler l’innovation. Johanna Tircazes, responsable chez Bpifrance, souligne que cette approche crée une dynamique proactive. Le livre adopte une vision transversale, observant les ponts entre secteurs traditionnellement cloisonnés, comme la mode et la musique ou le jeu vidéo et l’audiovisuel. Bpifrance y défend l’idée que les frontières entre industries culturelles s’estompent, nécessitant une analyse globale plutôt que sectorielle.

Propriété intellectuelle centrale

Les industries créatives vendent désormais des univers plutôt que des produits isolés, faisant de la propriété intellectuelle (PI) leur actif stratégique principal. En 2024, les dix plus grands succès du box-office mondial provenaient tous de franchises existantes, illustrant cette tendance. Les marques développent des récits capables de s’étendre sur plusieurs supports (films, jeux, musique, mode), créant des écosystèmes cohérents. Par exemple, Pharrell Williams est devenu directeur artistique de Louis Vuitton, tandis que Saint Laurent a coproduit le film Parthenope de Paolo Sorrentino. Les athlètes deviennent aussi des marques culturelles, générant revenus et contenus au-delà de leur discipline. La PI devient ainsi un levier de croissance et de différenciation dans un marché saturé.

IA : choc créatif et productif

L’intelligence artificielle générative (IA) est présentée comme un choc de productivité et un choc de créativité dans les industries créatives. Elle permet de réaliser des productions autrefois impossibles, même avec des moyens importants. Dans l’audiovisuel et le jeu vidéo, l’IA est déjà utilisée pour accélérer des étapes de production ou de post-production. Bpifrance accompagne des entreprises via des missions de conseil dédiées à son intégration. Cependant, son adoption reste inégale selon les secteurs. L’IA pose aussi une question centrale : comment se démarquer dans un environnement où la production de contenus explose ? Elle homogénéise les outils, rendant l’authenticité des récits et l’identité culturelle encore plus déterminantes pour émerger.

Creator economy en expansion

La creator economy (économie des créateurs) représente un marché estimé à 7 milliards d’euros en France. Elle permet à un nombre croissant de profils de produire, diffuser et monétiser leurs contenus grâce à des plateformes comme les réseaux sociaux ou les services de streaming. L’IA réduit les coûts de production, démocratisant ainsi la création. Cependant, cette explosion de l’offre s’accompagne d’un paradoxe : la distribution des contenus reste extrêmement concentrée. En France, trois plateformes contrôlent près de 75 % des audiences de vidéo à la demande (SVOD). Les créateurs gagnent en autonomie, mais les algorithmes des grandes plateformes déterminent leur visibilité, centralisant ainsi le pouvoir de prescription.

Live et expériences immersives

Face à l’abondance des contenus numériques, les expériences physiques et immersives regagnent de la valeur. Les concerts, événements XR (eXtended Reality, réalité étendue) ou Location-Based Entertainment (divertissement en lieu fixe) deviennent des relais de croissance majeurs. Le sport illustre cette tendance : les compétitions se transforment en formats narratifs globaux, et les athlètes en propriétés intellectuelles capables de générer revenus, contenus et communautés. Cette évolution reflète une recherche de rareté dans un monde saturé de contenus digitaux, où l’expérience tangible et immersive devient un facteur de différenciation.

Ce que ça pourrait changer

Dans un contexte où l’IA et les outils technologiques uniformisent les capacités de production, la *rareté créative* ne dépend plus de la quantité produite, mais de la capacité à créer un univers identifiable et authentique. Les industries créatives doivent combiner identité culturelle, innovation technologique et régulation européenne pour se différencier. Bpifrance insiste sur l’importance de construire des récits cohérents et distinctifs, capables de transcender les supports et de fidéliser des audiences. L’enjeu n’est pas de rejeter la technologie, mais de l’intégrer dans une stratégie globale où l’authenticité et la singularité priment.

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