Ils pensaient que ces profondeurs sous-marines étaient imaculées mais l'humain y avait laissé sa trace malgré lui
Les grands canyons qui entaillent le plancher océanique passent pour des sanctuaires hors d'atteinte de l'humanité. Pourtant, l'un des plus reculés, en plein Atlantique sud, cache lui aussi nos rebuts.
Les canyons sous-marins sont de profondes entailles qui entaillent le plancher océanique, semblables à des vallées ou des gorges sous la mer. Ces formations géologiques, souvent situées à plusieurs milliers de mètres de profondeur, étaient jusqu’à présent considérées comme des milieux isolés et préservés de l’activité humaine. Leur éloignement et l’obscurité permanente qui y règne rendaient leur exploration difficile, renforçant l’idée qu’ils formaient des sanctuaires naturels, hors de portée des pollutions terrestres. Pourtant, une récente découverte dans l’un des canyons les plus reculés de l’Atlantique sud, situé à plus de 4 000 mètres de profondeur, a révélé la présence inattendue de déchets humains. Ces milieux, autrefois perçus comme intouchables, sont désormais confrontés à une réalité moins idyllique.
Parmi les déchets découverts dans ce canyon sous-marin, des morceaux de plastique ont été identifiés. Sous l’effet de la pression extrême des profondeurs océaniques, ces déchets ont pris une forme inhabituelle, comparée à un paquet de nouilles par les scientifiques. La pression à 4 000 mètres de profondeur atteint environ 400 fois la pression atmosphérique à la surface, ce qui déforme les matériaux plastiques et les rend méconnaissables. Cette transformation illustre l’impact durable des déchets plastiques sur les écosystèmes marins, même dans les zones les plus reculées. Le plastique, matériau non biodégradable, persiste pendant des siècles dans l’environnement, se fragmentant en microplastiques ou se déformant sous l’effet des conditions extrêmes des grands fonds.
La présence de ces déchets dans un canyon aussi isolé que celui de l’Atlantique sud prouve que l’activité humaine a laissé une trace bien au-delà des zones côtières ou des routes maritimes. Les courants océaniques et la circulation des eaux profondes peuvent transporter des particules de plastique sur de longues distances, même dans des régions apparemment préservées. Cette découverte soulève des questions sur la capacité des écosystèmes marins à absorber ou à se débarrasser de ces polluants. Les scientifiques soulignent que ces milieux, bien que difficiles d’accès, ne sont pas à l’abri des conséquences de la pollution mondiale, notamment celle liée aux déchets plastiques.

