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Société

Le mystère du vol MH370 relancé par des données acoustiques longtemps restées secrètes

Slate FR · mis à jour il y a 17 j

Des enregistrements sous-marins réalisés au moment de la disparition de l'avion pourraient remettre en question la zone de recherche privilégiée depuis plus de dix ans..

Disparition mystérieuse

Le 8 mars 2014, le vol MH370 de Malaysia Airlines disparaît sans laisser de trace dans le sud de l'océan Indien, devenant l'un des plus grands mystères de l'aviation moderne. Malgré plus de douze ans de recherches, aucun épave n'a été retrouvée, couvrant une zone de près de 200 000 km². Les enquêtes se sont principalement basées sur les données satellites Inmarsat, qui ont suggéré une trajectoire vers le sud, appelée le « septième arc », sans pour autant localiser précisément le crash. Aucun débris n'a permis de remonter à la zone exacte du crash, alimentant les doutes sur la pertinence de cette piste.

Réseau d'hydrophones

Quelques semaines avant la disparition du MH370, le scientifique français Jean-Yves Royer, chercheur au CNRS, dirige un réseau d'hydrophones autonomes appelé OHASISBIO dans le sud de l'océan Indien. Ces capteurs enregistrent en continu les sons de basse fréquence sous-marins, comme les séismes ou les déplacements de baleines. Ils pourraient aussi capter l'impact d'un avion s'écrasant en mer. Cependant, ces instruments ne transmettent pas leurs données en temps réel : il faut attendre leur récupération début 2015 pour accéder aux enregistrements, retardant toute analyse.

Signal acoustique détecté

En exploitant les données des hydrophones en 2015, Jean-Yves Royer identifie plusieurs événements acoustiques survenus dans la nuit du 8 mars 2014. Un rapport détaillé est transmis aux autorités françaises et australiennes en 2016, mais il reste ignoré pendant près d'une décennie. Les données confirment des signaux détectés par d'autres réseaux, comme celui de surveillance des essais nucléaires, mais aucun ne correspond clairement à un crash dans la zone du septième arc. Un bruit intrigant a été enregistré au nord-ouest de l'océan Indien, loin de la zone officielle, attribué à un phénomène géologique faute de preuve.

Hypothèses et contradictions

L'absence de signal acoustique clair dans la zone du septième arc pose problème. Si un crash violent avait eu lieu, les capteurs auraient dû enregistrer un signal net. Une hypothèse propose un amerrissage contrôlé, plus silencieux, mais elle ne correspond pas à tous les éléments disponibles. Les débris retrouvés, comme un flaperon à La Réunion, confirment que l'avion s'est abîmé dans l'océan Indien, mais les modèles de dérive n'ont pas permis de localiser le crash. Les analyses biologiques des coquillages fixés sur ces débris n'ont pas fourni de trajectoire claire.

Nouvelle zone de recherche

En juin 2026, la Malaisie prolonge d'un an le contrat avec la société Ocean Infinity, spécialisée dans l'exploration sous-marine. Cette entreprise pourra inspecter une zone inexplorée de 7 400 km² dans le sud de l'océan Indien jusqu'à mi-2027. Ocean Infinity a déjà mené plusieurs campagnes entre 2018 et 2026 sans succès, reconnaissant que l'avion ne se trouve probablement pas dans les zones déjà explorées. Cette nouvelle mission pourrait être décisive, mais en cas d'échec, la pression augmentera pour abandonner le « septième arc » comme unique référence et réexaminer toutes les données, y compris acoustiques.

Ce que ça pourrait changer

Les données acoustiques suggèrent que le signal détecté au nord-ouest de l'océan Indien pourrait correspondre au crash réel, impliquant que les recherches se sont concentrées pendant plus de dix ans au mauvais endroit. Cette hypothèse, de plus en plus sérieuse, remet en cause la pertinence du « septième arc » comme unique zone de recherche. Si cette théorie se confirme, cela expliquerait l'échec des recherches précédentes et justifierait une réévaluation complète des données disponibles, y compris acoustiques.

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