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ReactOS annonce une étape symbolique vers le support du noyau NT6 de Windows

Next.ink · mis à jour 7 juil.

Le système libre ReactOS se lance à l’assaut de la compatibilité avec les noyaux Windows de la série NT6. Les développeurs ont annoncé avoir franchi une étape symbolique avec le support du premier appel système.

ReactOS et NT6

ReactOS est un système d’exploitation libre, c’est-à-dire un logiciel que chacun peut utiliser, modifier et redistribuer gratuitement. Son objectif principal est d’être compatible avec Windows au niveau binaire, ce qui signifie qu’il peut exécuter des programmes et des pilotes conçus pour Windows sans avoir besoin du code source de Microsoft. Pour y parvenir, les développeurs de ReactOS réécrivent l’intégralité du système d’exploitation en utilisant une méthode appelée rétro-ingénierie : ils analysent le fonctionnement de Windows pour recréer ses mécanismes sans copier directement son code. Le noyau NT6 désigne la partie centrale de Windows pour les versions Vista, 7, 8 et 8.1. Microsoft utilise une autre nomenclature pour Windows 10 et 11, appelée NT10, mais celle-ci n’est plus affichée directement par le système.

Appel système clé

Un appel système est une demande qu’un programme adresse au noyau d’un système d’exploitation pour obtenir un service. Par exemple, cela peut concerner la création d’un fichier, l’allocation de mémoire ou l’identification du cœur de processeur sur lequel un programme s’exécute. Les développeurs de ReactOS ont annoncé le 3 juillet avoir implémenté leur premier appel système spécifique à NT6, nommé NtGetCurrentProcessorNumberEx. Cet appel permet de connaître le numéro du cœur logique du processeur sur lequel le programme est en cours d’exécution. Bien que cette avancée soit symbolique, elle marque une étape importante car elle montre que ReactOS commence à intégrer les mécanismes de NT6. Cependant, cet appel ne fonctionne pas encore pleinement, car il dépend d’une infrastructure plus large qui n’est pas encore implémentée.

Défis techniques

L’équipe de ReactOS fait face à des défis techniques majeurs pour atteindre une compatibilité complète avec NT6. Windows contient des milliers d’appels système et de comportements internes, dont une grande partie n’est pas documentée par Microsoft. Sans accès au code source de Windows, les développeurs doivent recourir à des méthodes de rétro-ingénierie rigoureuses, comme le clean room reverse-engineering, qui consiste à analyser le fonctionnement du système sans avoir accès à son code source direct. Cette méthode évite les problèmes juridiques liés à la décompilation, qui est interdite dans ce contexte. L’absence de documentation officielle rend le travail particulièrement complexe et chronophage, nécessitant des années de développement pour aboutir à une compatibilité fonctionnelle.

Utilités potentielles

Les utilisateurs pourraient tirer plusieurs avantages d’un système comme ReactOS compatible avec NT6. Cela permettrait d’exécuter des applications et des pilotes Windows sur un système libre, sans avoir à payer de licence Microsoft. Ce projet pourrait aussi être utile pour faire fonctionner des logiciels ou des périphériques anciens sur du matériel obsolète, ou pour éviter de migrer vers un système d’exploitation moderne incompatible avec des outils métiers figés. Certains y voient aussi un enjeu de souveraineté technologique, notamment en Europe, où un tel projet pourrait réduire la dépendance aux solutions propriétaires américaines. Enfin, cela offrirait une alternative pour les utilisateurs qui souhaitent éviter le bloatware, ces logiciels superflus souvent installés par défaut avec Windows.

Comparaison avec Wine

ReactOS partage des similitudes avec Wine, un autre projet open source qui permet d’exécuter des applications Windows sur Linux et d’autres systèmes Unix. Historiquement, ReactOS a été présenté comme une alternative à Windows, avec pour principal défaut son caractère propriétaire. Les deux projets visent à offrir une compatibilité avec les logiciels Windows, mais ReactOS va plus loin en cherchant à recréer un système d’exploitation complet, tandis que Wine se concentre sur l’exécution d’applications individuelles. ReactOS ambitionne donc de devenir un système à part entière, capable de remplacer Windows dans certains cas d’usage, alors que Wine reste un outil complémentaire pour des environnements existants comme Linux.

Ce que ça pourrait changer

L’équipe de ReactOS considère cette étape comme une première pierre dans la construction d’un système compatible avec NT6, mais la route reste longue. Le travail à accomplir est colossal, car il implique de recréer des milliers d’appels système et de comportements internes de Windows. Les développeurs estiment qu’un tel projet ne peut se chiffrer qu’en années, sans garantie de succès total. Cependant, cette avancée symbolique montre que le projet progresse et que les développeurs s’attaquent désormais à des mécanismes plus récents de Windows. À terme, ReactOS pourrait étendre sa compatibilité au-delà des versions anciennes de Windows (2000, XP, 2003) et offrir une alternative viable pour certains utilisateurs.

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