Après le show du Roadster, la douche froide : les bénéfices de Tesla plongent de 43 %
Le constructeur voit ses marges diminuer dangereusement, alors qu’il accélère son virage vers l’IA et la robotique. L’automobile n’est définitivement plus la priorité..
Tesla a annoncé un effondrement de ses bénéfices nets de 43 % au troisième trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025, passant de 1,38 milliard de dollars à 787 millions de dollars. Cette chute s’accompagne d’une baisse de la marge opérationnelle, qui est passée de 5,8 % à 2,6 %. Le chiffre d’affaires, lui, est resté stable à 28,05 milliards de dollars, proche des 28,1 milliards enregistrés un an plus tôt. Ces résultats déçoivent les investisseurs, d’autant que la situation s’améliore à peine par rapport au deuxième trimestre 2026, déjà difficile pour l’entreprise. La rentabilité de Tesla est donc en forte baisse, malgré un volume d’affaires similaire.
Plusieurs facteurs expliquent cette baisse des bénéfices. D’abord, les prix de vente moyens des véhicules Tesla ont diminué, réduisant les marges par voiture. Ensuite, la disponibilité des batteries, un composant clé pour les voitures électriques, a été limitée. Le marché des crédits réglementaires (des certificats que Tesla vend à d’autres constructeurs pour compenser leurs émissions de CO₂) a également chuté de 73 %, ne rapportant plus que 113 millions de dollars contre 420 millions un an plus tôt. Enfin, l’activité énergie et stockage (batteries pour particuliers et entreprises) a enregistré un recul de 16 % de son chiffre d’affaires. Ces éléments combinés ont fortement pesé sur les résultats financiers de Tesla.
Tesla a profondément modifié sa stratégie en recentrant ses efforts sur l’intelligence artificielle (IA) et la robotique, reléguant l’automobile au second plan. Pour y parvenir, l’entreprise a augmenté ses dépenses de 39 %, atteignant 4,78 milliards de dollars, dont une hausse de 69 % pour la recherche et développement (R&D). Les investissements en capital (appelés capex, pour capital expenditures), qui correspondent aux dépenses pour moderniser les usines ou acheter du matériel, ont plus que doublé, passant à 4,73 milliards de dollars. Cette réorientation vise à préparer l’avenir, mais elle pèse lourdement sur la rentabilité à court terme.
Malgré ses difficultés financières, Tesla a confirmé plusieurs projets ambitieux. Le Cybercab, une voiture autonome sans volant ni pédales destinée à un service de robotaxis, sera livré dès la fin 2026, mais uniquement pour la flotte interne de Tesla. La conduite autonome sans supervision (appelée FSD Unsupervised) pour les particuliers est repoussée à la mi-2027 et sera déployée progressivement, d’abord dans des zones géographiques limitées. Enfin, la production du robot humanoïde Optimus a commencé, avec un objectif de 20 000 unités par semaine d’ici fin 2027. Ces innovations visent à positionner Tesla comme un leader dans ces secteurs, mais leur rentabilité reste incertaine à court terme.
Elon Musk, le PDG de Tesla, a plusieurs fois repoussé les échéances de ses projets phares. Le Cybercab, initialement prévu plus tôt, est désormais attendu pour fin 2026, tandis que la conduite autonome sans supervision pour les particuliers est décalée à mi-2027. Ces ajustements reflètent les défis techniques et financiers rencontrés par Tesla. Par ailleurs, une *fusion* entre Tesla et SpaceX, la société spatiale d’Elon Musk, est évoquée comme une possibilité, mais aucune décision n’a encore été prise. Ces retards et incertitudes pourraient influencer la confiance des investisseurs et des clients dans les capacités de Tesla à tenir ses promesses.

