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Géopolitique

Madrid ouvre la voie à la naturalisation des Sahraouis nés sous la colonisation espagnole

Courrier International · mis à jour il y a 9 j

Jeudi 10 septembre, les députés espagnols ont voté en faveur d’un projet de loi visant à accorder la nationalité aux personnes nées au Sahara occidental lorsque celui-ci était sous administration espagnole, ainsi qu’à leurs enfants. L’adoption de ce texte survient dans un contexte tendu entre l’Espagne et le Maroc, en raison de la récente crise migratoire à Ceuta..

Nouvelle loi espagnole

Le 10 septembre 2026, les députés espagnols ont adopté en première lecture un projet de loi visant à accorder la nationalité espagnole aux Sahraouis nés au Sahara occidental sous administration espagnole avant le 29 septembre 1977, ainsi qu'à leurs enfants. Cette date marque la fin officielle de la colonisation espagnole du territoire. Le texte, porté par le parti de gauche radicale Sumar, doit encore être examiné par le Sénat espagnol pour une adoption définitive. Si le projet est validé, des milliers de Sahraouis vivant au Sahara occidental, dans des camps de réfugiés en Algérie ou en exil en Europe pourraient obtenir la nationalité espagnole. Ce projet est décrit comme un chapitre hautement symbolique dans les relations entre l'Espagne et le Sahara occidental, un territoire dont le statut juridique reste contesté.

Contexte géopolitique

L'adoption de cette loi intervient dans un contexte de tensions accrues entre l'Espagne et le Maroc, notamment à cause de la crise migratoire survenue fin juillet 2026 à Ceuta, une enclave espagnole située sur le territoire marocain. Cette crise a exacerbé les relations déjà tendues entre les deux pays. Le Sahara occidental, ancien territoire espagnol, est au cœur de ce conflit, car son statut juridique n'est toujours pas résolu. Le Maroc revendique la souveraineté sur ce territoire, tandis que le Front Polisario, mouvement indépendantiste sahraoui, milite pour un référendum d'autodétermination. L'Espagne, ancienne puissance coloniale, maintient une position ambiguë, mais cette loi pourrait renforcer ses liens avec la population sahraouie.

Portée symbolique et politique

Cette initiative législative est présentée comme un geste fort envers les Sahraouis, notamment ceux qui vivent dans des conditions précaires, comme dans les camps de réfugiés de Tindouf en Algérie. Elle s'inscrit dans une volonté de réparation historique pour les populations nées sous l'administration coloniale espagnole. Le projet de loi est porté par des partis de gauche, comme Sumar, qui y voient une opportunité de renforcer les droits humains et de marquer une rupture avec les politiques coloniales passées. Cependant, cette décision pourrait aussi être interprétée comme une manœuvre politique pour contrer l'influence marocaine dans la région, dans un contexte où l'Espagne cherche à diversifier ses alliances en Afrique du Nord.

Ce que ça pourrait changer

Après son adoption par les députés, le projet de loi doit maintenant être examiné par le Sénat espagnol, qui pourrait modifier ou rejeter le texte. Si la loi est finalement approuvée, elle permettrait à des milliers de Sahraouis d'acquérir la nationalité espagnole, leur offrant ainsi des droits civiques et sociaux plus étendus. Cependant, cette mesure pourrait aussi exacerber les tensions avec le Maroc, qui considère le Sahara occidental comme une partie intégrante de son territoire. Les observateurs soulignent que cette décision pourrait avoir des répercussions sur les relations diplomatiques entre les deux pays, déjà fragilisées par la crise migratoire de Ceuta.

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