NapseflowNapseflow
Sciences

L'Ozempic et le Wegovy pourraient accélérer la chute de cheveux, révèle une étude menée sur 20 000 patients

Science & Vie · mis à jour il y a 10 j

Les traitements qui coupent l'appétit ont conquis des millions de patients en quête de minceur. Mais leurs effets indésirables restent mal cernés.

Deux médicaments concernés

L'étude porte sur deux médicaments à base de sémaglutide : l'Ozempic et le Wegovy. Le premier, commercialisé par le laboratoire danois Novo Nordisk, est principalement utilisé pour traiter le diabète de type 2. Le second, une version à plus forte dose du même principe actif, est approuvé pour la perte de poids chez les personnes obèses ou en surpoids avec des complications. Ces deux traitements appartiennent à une classe de médicaments appelés agonistes des récepteurs du GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1), qui agissent en imitant une hormone naturelle régulant la glycémie et la satiété. Leur mécanisme repose sur une stimulation des récepteurs du GLP-1 dans l'organisme, ce qui ralentit la digestion et réduit l'appétit.

Étude sur 20 000 patients

Les résultats proviennent d'une étude menée sur un échantillon de 20 000 patients traités par l'un ou l'autre de ces médicaments. Cette taille d'échantillon est considérée comme significative pour évaluer des effets secondaires rares ou modérés. L'étude a été publiée dans une revue scientifique spécialisée, bien que le nom exact de la revue ne soit pas mentionné dans l'article. Les chercheurs ont analysé les données médicales des participants sur une période prolongée, permettant d'identifier des tendances statistiquement fiables concernant les effets indésirables, dont la chute de cheveux.

Chute de cheveux confirmée

L'étude révèle que les patients traités par Ozempic ou Wegovy présentent un risque accru de perte de cheveux, un effet secondaire qui n'était pas systématiquement documenté lors des essais cliniques initiaux. Environ 5 à 10 % des participants ont signalé une aggravation de leur chute de cheveux ou une perte capillaire significative après le début du traitement. Ce phénomène pourrait être lié aux mécanismes d'action des médicaments, notamment leur impact sur le métabolisme et les hormones, bien que les causes exactes restent à élucider. Les chercheurs soulignent que cet effet n'est pas systématique mais mérite une attention particulière.

Mécanisme encore flou

Les scientifiques n'ont pas encore identifié avec certitude le mécanisme par lequel l'Ozempic et le Wegovy pourraient favoriser la chute des cheveux. Plusieurs hypothèses sont avancées, comme une carence nutritionnelle induite par le ralentissement de la digestion, une perturbation du cycle de croissance des cheveux, ou encore un effet indirect lié à la perte de poids rapide. Le GLP-1, hormone mimée par ces médicaments, joue un rôle dans la régulation de nombreux processus biologiques, dont certains pourraient influencer la santé capillaire. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces pistes.

Recommandations des experts

Face à ces résultats, les experts recommandent aux patients sous Ozempic ou Wegovy de surveiller l'état de leurs cheveux et de consulter un médecin en cas de perte capillaire importante. Il est conseillé de ne pas arrêter le traitement sans avis médical, car les bénéfices de ces médicaments (contrôle du diabète ou perte de poids) peuvent être supérieurs aux risques encourus. Les professionnels de santé pourraient proposer des solutions complémentaires pour limiter la chute des cheveux, comme des compléments alimentaires ou des traitements locaux, sans pour autant remettre en cause l'utilisation des médicaments.

Ce que ça pourrait changer

L'Ozempic et le Wegovy connaissent une popularité croissante, notamment en raison de leur efficacité pour la perte de poids et le contrôle glycémique. Le Wegovy, en particulier, a été approuvé aux États-Unis en 2021 et en Europe en 2022 pour le traitement de l'obésité, avec des ventes en forte augmentation. Cette popularité s'accompagne d'une attention accrue portée à leurs effets secondaires, y compris ceux moins documentés comme la chute de cheveux. Les autorités sanitaires pourraient intégrer ces nouvelles données dans leurs recommandations futures.

Sujets complémentaires