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Banque en ligne : Revolut, comme une boule dans un jeu de quille

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 2 h

La néo-banque britannique Revolut vient d'obtenir une licence bancaire complète en France auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution et de la Banque centrale européenne. Elle va pouvoir proposer des produits d'épargne et du crédit.

Revolut obtient licence bancaire

La néo-banque britannique Revolut a obtenu une licence bancaire complète en France, délivrée par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et la Banque centrale européenne (BCE). Cette licence lui permet désormais de proposer des produits d’épargne (comme des livrets ou des assurances vie) et des crédits (immobiliers, à la consommation, etc.), en plus de ses services existants comme les transferts d’argent ou les échanges de devises sans frais. Revolut, qui compte 75 millions de clients dans le monde dont 8 millions en France, devient ainsi un acteur bancaire à part entière, capable de rivaliser avec les banques traditionnelles et les autres néo-banques comme Boursobank (9 millions de clients). Son objectif est de transformer ses comptes secondaires en comptes principaux, en fidélisant ses clients via des services plus complets.

Stratégie de conquête

Revolut cible particulièrement les jeunes générations, habituées à gérer leur argent via des applications mobiles et à changer régulièrement de banque. Avec sa licence bancaire, elle souhaite attirer ces clients en proposant des services innovants, comme des produits d’épargne intégrant des cryptomonnaies (comme le bitcoin) ou des outils pilotés par l’intelligence artificielle. Son PDG, Nikolay Storonsky (ancien trader chez Lehman Brothers), mise sur cette approche digitale pour s’imposer face à des concurrents comme Barclays ou HSBC, qui ont échoué à percer le marché français. La France est désormais son deuxième marché après le Royaume-Uni, où elle a obtenu sa licence en mars 2025. Revolut a même recruté Frédéric Oudéa, ancien patron de la Société générale, pour renforcer sa crédibilité en Europe de l’Ouest.

Risques et controverses

Revolut n’est pas épargnée par les critiques. Elle a été épinglée pour sa mauvaise gestion des fraudes en Lituanie, son pays d’origine, et figure au troisième rang des plateformes utilisées pour le blanchiment d’argent en France, juste derrière Boursobank. Malgré cela, les experts soulignent que Revolut sera soumise aux mêmes obligations légales et contrôles que les autres banques françaises, grâce à la réglementation stricte du secteur. Son image sulfureuse, liée à son fondateur russe naturalisé britannique et à ses rémunérations élevées, ainsi que son management agressif, alimentent les craintes dans le milieu bancaire. Cependant, son modèle repose sur une croissance rapide et une clientèle jeune, prête à adopter des solutions financières innovantes.

Ce que ça pourrait changer

L’arrivée de Revolut en France pourrait rebattre les cartes du secteur bancaire, dominé par des acteurs traditionnels comme la Société générale ou BNP Paribas. Son succès dépendra de sa capacité à convaincre les Français, notamment les plus âgés, de confier leur épargne à une néo-banque étrangère. Philippe Crevel, président du Cercle de l’épargne, note que l’épargne reste un domaine conservateur, où les seniors sont majoritaires. Revolut pourrait cependant introduire de nouveaux produits financiers, comme des comptes rémunérés en cryptomonnaies ou des outils d’investissement automatisés, pour séduire une clientèle plus large. Son pari est de devenir la première banque digitale native à s’imposer durablement sur le marché français.

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