NapseflowNapseflow
Environnement

Un Commun accord : comment Jean-Marc Jancovici réinvente la Convention citoyenne pour le climat

Reporterre · mis à jour il y a 1 j

L'assemblée citoyenne « Un Commun accord » lancée par Jean-Marc Jancovici se réunira pour la première fois à Paris les 19 et 20 septembre. Des ONG et anciens membres de la Convention citoyenne pour le climat livrent à Reporterre leur analyse sur cette initiative.

Jancovici et la CCC

Jean-Marc Jancovici, ingénieur et expert reconnu en énergie et climat, a été sollicité pour réinventer le modèle de la Convention citoyenne pour le climat (CCC). Créée en 2019 en France, cette dernière avait pour but de rassembler 150 citoyens tirés au sort pour proposer des mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre du pays de 40 % d’ici 2030. Cependant, son travail a montré des limites, notamment un manque de cohérence entre les propositions et les réalités économiques ou techniques. Jancovici propose donc une approche différente, en intégrant davantage d’expertise scientifique et une vision systémique des enjeux climatiques. Son objectif est de rendre les propositions plus réalistes et applicables, tout en maintenant l’implication citoyenne.

Nouvelle méthode participative

La méthode proposée par Jancovici repose sur un cadre délibératif renforcé, où les citoyens sont accompagnés par des experts tout au long du processus. Contrairement à la CCC initiale, où les participants travaillaient principalement entre eux, cette nouvelle version inclut des sessions de formation sur les enjeux climatiques, énergétiques et économiques. Les citoyens bénéficient ainsi d’un socle de connaissances leur permettant de mieux comprendre les compromis nécessaires. Par exemple, ils apprennent à évaluer l’impact d’une mesure comme la taxe carbone ou la rénovation thermique des bâtiments, en tenant compte des contraintes sociales et industrielles. L’idée est de transformer une assemblée citoyenne en un groupe capable de produire des propositions à la fois ambitieuses et réalistes.

Rôle des experts

Dans cette nouvelle approche, les experts jouent un rôle central, mais leur intervention est encadrée pour éviter de biaiser les débats. Jancovici insiste sur le fait que leur rôle n’est pas de décider à la place des citoyens, mais de leur fournir des outils d’analyse et des données objectives. Par exemple, un économiste peut expliquer comment une mesure comme la suppression des subventions aux énergies fossiles pourrait impacter le pouvoir d’achat des ménages. De même, un spécialiste du climat peut détailler les scénarios de réchauffement en fonction des politiques mises en place. L’objectif est de créer un dialogue équilibré entre savoir scientifique et choix citoyens, afin d’éviter les décisions basées sur des idées reçues ou des simplifications excessives.

Exemple concret : la rénovation

Un cas illustratif de cette méthode est la question de la rénovation thermique des bâtiments, un secteur responsable de près de 45 % de la consommation énergétique en France. Jancovici propose que les citoyens, après avoir reçu des données sur les coûts, les gains énergétiques et les impacts sociaux, puissent proposer des mesures comme l’obligation de rénover les passoires thermiques ou la création d’aides financières ciblées. Par exemple, ils pourraient estimer qu’un budget de 10 milliards d’euros par an serait nécessaire pour atteindre les objectifs, tout en discutant des modalités de financement (taxe carbone, emprunt public, etc.). Cette approche permet d’éviter des propositions trop théoriques ou déconnectées des réalités économiques.

Ce que ça pourrait changer

Malgré ses avantages, cette méthode soulève des questions sur son applicabilité à grande échelle. Certains observateurs soulignent que le modèle repose sur l’engagement d’experts comme Jancovici, dont l’influence pourrait être perçue comme excessive. Par ailleurs, le processus demande un temps et des ressources importants : les citoyens doivent être formés, les experts mobilisés, et les débats organisés de manière rigoureuse. Enfin, la question de la **légitimité démocratique** reste entière : même avec une expertise renforcée, une assemblée citoyenne reste un échantillon limité de la population. Ces limites rappellent que cette approche, bien que prometteuse, n’est pas une solution miracle pour concilier transition écologique et justice sociale.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.