Trump s’attend à conclure un accord avec le Canada d’ici quelques semaines
«Ils vont venir nous voir et nous dire: “Monsieur, nous sommes désolés”», a déclaré le président américain..
Le président américain Donald Trump a annoncé l’entrée en vigueur de nouvelles interdictions d’importation visant certains produits canadiens, comme des boissons alcoolisées, des produits laitiers et des motos. Ces mesures, qui prennent effet le lendemain de sa déclaration, s’inscrivent dans un conflit commercial persistant entre les deux pays. Trump justifie ces restrictions en affirmant que le Canada a « très mal traité les États-Unis », bien que ces allégations ne soient pas étayées par des preuves concrètes. Ces interdictions concernent des produits dont la valeur totale est estimée à environ 1 milliard de dollars américains, selon la Banque de Montréal. Par ailleurs, Trump a également signé un décret symbolique renommant le lac Ontario en « lac Amérique », une décision sans valeur juridique mais révélatrice de la tension diplomatique.
Les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis ont échoué fin août 2026, après des mois de tensions. Les deux pays s’accusent mutuellement d’avoir apporté des modifications de dernière minute à l’accord en cours de finalisation. Le premier ministre canadien Mark Carney a critiqué les négociateurs américains, les accusant de vouloir limiter la souveraineté du Canada, notamment en matière de protection de sa langue et de sa culture. Ces échecs ont conduit les États-Unis à imposer des droits de douane de 50 % sur une gamme de produits canadiens, auxquels le Canada a riposté en appliquant des mesures similaires. Ces droits de douane sectoriels touchent particulièrement des secteurs clés comme l’acier, l’aluminium, l’automobile et la fabrication d’armoires.
Le Canada, représenté par le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis Dominic LeBlanc, a réagi avec fermeté aux mesures américaines. Son porte-parole, Gabriel Brunet, a souligné que la priorité du gouvernement reste de protéger les travailleurs, les agriculteurs, les familles et les entreprises canadiennes face à ces « mesures injustifiées ». Ottawa mise sur trois axes pour contrer ces restrictions : renforcer l’économie intérieure, diversifier ses partenariats commerciaux à l’étranger et consolider sa position économique. Bien que ces restrictions ne devraient pas avoir d’impact majeur à court terme sur la croissance économique du Canada, elles illustrent une dégradation des relations bilatérales, déjà fragilisées depuis 18 mois.
Les déclarations des responsables américains révèlent des divergences de position sur la gestion du conflit. Donald Trump affirme que les Canadiens « viendront nous voir dans trois ou quatre semaines » pour négocier un accord, qu’il présente comme « équitable » et où « les États-Unis vont tout gagner ». À l’inverse, Jamieson Greer, représentant américain au Commerce, a déclaré qu’il n’y avait « aucune urgence » du côté américain, précisant que les Canadiens contactent régulièrement les États-Unis pour discuter d’éventuelles ententes. Peter Navarro, conseiller de Trump en commerce, a quant à lui qualifié les Canadiens de « négociateurs les plus difficiles et arrogants », tout en les accusant de s’allier avec la Chine, une affirmation démentie par les faits.
Les États-Unis ont imposé plusieurs types de mesures commerciales contre le Canada. Outre les interdictions d’importation valant 1 milliard de dollars américains, Washington applique des droits de douane de 10 % sur certains produits, qu’il justifie par des allégations de travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement. Ces droits ne s’appliquent pas aux marchandises conformes à l’*Accord Canada–États-Unis–Mexique* (ACEUM), un traité de libre-échange entré en vigueur en 2020 pour remplacer l’ALÉNA. Par ailleurs, des droits de douane sectoriels distincts ciblent des industries canadiennes comme l’acier, l’aluminium, l’automobile et la fabrication d’armoires, aggravant les tensions économiques entre les deux pays.

