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Géopolitique

Sous la pression de l’extrême droite, le Portugal interdit le voile intégral dans l’espace public

Courrier International · mis à jour il y a 12 j

Promulguée ce mardi par le président António José Seguro, cette mesure visant les burqas et niqabs islamiques alimente la controverse dans les médias portugais, où l’on rappelle que ce type de vêtements était extrêmement marginal..

Nouvelle loi portugaise

Le 18 août 2026, le président portugais António José Seguro a promulgué une loi interdisant le port du voile intégral, comme la burqa ou le niqab, dans l’espace public. Cette mesure, surnommée la « loi des burqas », s’inscrit dans une tendance européenne puisque plusieurs pays, dont la France et l’Autriche, ont adopté des législations similaires depuis une quinzaine d’années. Le texte vise à interdire la dissimulation totale du visage, un choix justifié par des arguments liés à la sécurité, à l’égalité entre les sexes et au « vivre-ensemble ». Le président Seguro a notamment souligné que le visage joue un rôle central dans l’identité et la communication humaines, et que le fait de contraindre uniquement les femmes à cacher leur visage serait incompatible avec l’égalité des sexes.

Origine politique contestée

Cette loi, initialement portée par l’extrême droite portugaise, a été promulguée par António José Seguro, ancien dirigeant socialiste élu président en février 2026 face à André Ventura, chef du parti Chega, une formation d’extrême droite. Bien que Seguro ait battu Ventura aux élections, il a finalement adopté une mesure défendue par son adversaire politique. Cette situation illustre une forme de pression politique, où une proposition initialement marginale devient une loi nationale. Le texte a suscité des débats dans les médias portugais, certains estimant qu’il répond à un problème quasi inexistant dans le pays.

Réactions et controverses

La loi a provoqué des réactions contrastées au Portugal. D’un côté, elle est présentée comme une avancée pour l’égalité entre les sexes et la sécurité publique. De l’autre, des critiques soulignent son caractère symbolique, voire inutile, car le port du voile intégral y serait déjà extrêmement marginal. Manuel Carvalho, rédacteur en chef du journal Público, a dénoncé une loi qui, selon lui, légifère sur un phénomène presque inexistant, comparant cela à « légiférer sur le port d’écharpes en laine en plein midi dans le Sado ». Des manifestations ont eu lieu, comme celle du 25 octobre 2025 à Lisbonne, où des participants ont brandi des pancartes dénonçant une dérive autoritaire, avec le slogan « Le fascisme commence toujours par s’attaquer aux minorités ».

Ce que ça pourrait changer

Cette interdiction s’inscrit dans un mouvement plus large en Europe, où plusieurs pays ont adopté des lois similaires depuis les années 2010. Ces législations visent généralement à interdire le port de vêtements couvrant intégralement le visage dans les espaces publics, souvent au nom de la sécurité ou de l’intégration sociale. La France, par exemple, a été l’un des premiers pays à instaurer une telle mesure en 2010, suivie par des nations comme la Belgique, les Pays-Bas ou l’Autriche. Ces lois soulèvent régulièrement des débats sur la liberté religieuse, l’identité culturelle et les droits des femmes, notamment lorsqu’elles ciblent spécifiquement les vêtements portés par certaines communautés musulmanes.

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