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Ce trouble auditif très fréquent pourrait annoncer un risque accru de démence précoce, selon des chercheurs d’Oxford

Science & Vie · mis à jour il y a 11 j

Un trouble auditif courant pourrait être un indicateur précoce de démence chez les plus de 60 ans, selon une étude de l'Université d'Oxford..

Trouble auditif étudié

Des chercheurs de l’Université d’Oxford ont mis en lumière un lien entre un trouble auditif fréquent et un risque accru de démence précoce. Ce trouble, appelé perte auditive liée à l’âge ou presbyacousie, se caractérise par une difficulté progressive à entendre les sons aigus ou les conversations dans un environnement bruyant. Elle touche environ 1 personne sur 3 après 65 ans et devient quasi systématique après 75 ans. Contrairement à une simple baisse de l’audition, ce trouble implique des mécanismes complexes, comme la dégradation des cellules ciliées de l’oreille interne, responsables de la transmission des sons au cerveau. Les chercheurs soulignent que ce phénomène n’est pas une simple conséquence du vieillissement, mais pourrait être un signe avant-coureur de modifications cérébrales associées aux démences, comme la maladie d’Alzheimer.

Risque de démence

L’étude d’Oxford suggère que les personnes souffrant de ce trouble auditif présentent un risque jusqu’à 40 % plus élevé de développer une démence précoce par rapport à celles ayant une audition normale. Ce chiffre provient d’une analyse de données recueillies sur plusieurs années auprès de milliers de participants. Les chercheurs émettent l’hypothèse que la perte auditive pourrait accélérer le déclin cognitif en réduisant les stimulations cérébrales nécessaires au maintien des fonctions cognitives. En effet, le cerveau, privé d’informations auditives, pourrait compenser en réorganisant ses connexions, un processus qui, à long terme, pourrait favoriser l’apparition de lésions cérébrales caractéristiques des démences. Cette hypothèse s’inscrit dans le cadre des recherches sur les facteurs de risque modifiables de la démence, c’est-à-dire des éléments sur lesquels il est possible d’agir pour réduire les risques.

Mécanismes en jeu

Plusieurs mécanismes pourraient expliquer ce lien entre perte auditive et démence. D’abord, la difficulté à percevoir les sons oblige le cerveau à fournir un effort supplémentaire pour interpréter les conversations ou les bruits, ce qui peut entraîner une fatigue cognitive. Ensuite, l’isolement social, fréquent chez les personnes malentendantes, réduit les interactions et les stimulations intellectuelles, deux facteurs connus pour protéger contre le déclin cognitif. Enfin, des études récentes suggèrent que la perte auditive pourrait favoriser l’accumulation de protéines bêta-amyloïdes dans le cerveau, un marqueur de la maladie d’Alzheimer. Ces protéines, normalement éliminées par le cerveau, s’accumulent anormalement dans cette maladie, formant des plaques qui perturbent le fonctionnement des neurones.

Recommandations des experts

Face à ces résultats, les chercheurs d’Oxford recommandent une prise en charge précoce de la perte auditive pour limiter ses conséquences. Ils conseillent notamment de consulter un ORL (oto-rhino-laryngologiste) dès les premiers signes de difficultés auditives, comme des acouphènes (sifflements dans les oreilles) ou une difficulté à suivre une conversation dans un environnement bruyant. Le port d’un appareil auditif pourrait non seulement améliorer la qualité de vie, mais aussi réduire le risque de déclin cognitif. Les experts insistent également sur l’importance de maintenir une vie sociale active et de stimuler régulièrement son cerveau par des activités intellectuelles, comme la lecture ou les jeux de société, pour compenser les effets de la perte auditive.

Ce que ça pourrait changer

Bien que les résultats de cette étude soient prometteurs, ils ne permettent pas d’établir une relation de cause à effet directe entre la perte auditive et la démence. Les chercheurs soulignent que d’autres facteurs, comme l’âge, le niveau d’éducation ou les antécédents médicaux, pourraient influencer ce lien. Par exemple, une personne âgée souffrant de plusieurs maladies chroniques (diabète, hypertension) pourrait avoir un risque accru de démence, indépendamment de son audition. De plus, l’étude repose sur des données observationnelles, c’est-à-dire qu’elle observe des corrélations sans pouvoir prouver que la perte auditive est la cause directe du déclin cognitif. D’autres recherches, notamment des essais cliniques, seront nécessaires pour confirmer ces hypothèses et évaluer l’impact réel des appareils auditifs sur la prévention de la démence.

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