Pékin s’apprêterait à autoriser ByteDance et Alibaba à acheter des milliards de dollars de puces Nvidia
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Le gouvernement chinois envisagerait d’autoriser les géants technologiques ByteDance et Alibaba à acheter des puces Nvidia de dernière génération, notamment la RTX PRO 5500. Cette décision marque un revirement stratégique de Pékin, qui avait jusqu’ici restreint l’accès aux puces américaines pour favoriser les fabricants locaux comme Huawei. Les puces chinoises, bien que soutenues par le régime, restent moins performantes et moins disponibles que celles de Nvidia, malgré les efforts du pays pour atteindre l’autonomie technologique. Cette ouverture intervient après des mois de tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, où les restrictions américaines sur les exportations de semi-conducteurs vers la Chine avaient été renforcées en octobre 2022, puis maintenues sous l’administration Trump. La Chine cherche ainsi à combler un retard technologique tout en maintenant sa politique de self-reliance (autonomie stratégique), mais cette mesure révèle aussi ses limites face à la demande croissante en intelligence artificielle.
Les puces Nvidia, comme la RTX PRO 5500 ou la H200, sont des composants électroniques spécialisés dans le calcul intensif, essentiels pour faire fonctionner des modèles d’intelligence artificielle (IA) ou des serveurs informatiques. La RTX PRO 5500 est une carte graphique haut de gamme conçue pour des tâches de calcul parallèle, tandis que la H200 est une puce encore plus puissante, utilisée pour accélérer les calculs liés à l’IA. ByteDance, propriétaire de l’application TikTok, prévoit d’acheter environ un million de RTX PRO 5500, ce qui représenterait une commande de 13 milliards de dollars au prix pratiqué en Chine. Pour mettre cela en perspective, ce montant équivaut aux deux tiers des ventes totales de Nvidia à des clients chinois sur l’exercice 2026, qui s’est terminé en janvier. Ces puces seront probablement intégrées à des serveurs pour entraîner ou faire fonctionner des modèles d’IA destinés aux clients de ces entreprises.
Cette décision survient quelques jours après la visite d’État de Xi Jinping à Washington, où peu d’avancées concrètes ont été annoncées. Jensen Huang, PDG de Nvidia, et Lisa Su, PDG d’AMD, figuraient parmi les rares invités lors d’un dîner d’État à la Maison-Blanche, signe de l’importance stratégique des semi-conducteurs dans les relations sino-américaines. Les États-Unis, sous les administrations Biden puis Trump, ont imposé des contrôles stricts à l’exportation de puces avancées vers la Chine, limitant ainsi l’accès des entreprises chinoises à ces technologies. Nvidia et AMD s’opposent activement à de nouvelles restrictions prévues par le Sénat américain dans la loi d’autorisation de la défense nationale (NDAA) pour 2027. Malgré ces tensions, les discussions officielles entre les deux pays n’ont pas mentionné les contrôles à l’exportation, suggérant une possible flexibilité ou une volonté de désescalade dans ce domaine sensible.
L’autorisation donnée à ByteDance et Alibaba d’acheter des puces Nvidia reflète un pragmatisme croissant de la Chine, qui reconnaît les lacunes de ses propres capacités en semi-conducteurs. Malgré des investissements massifs dans la recherche et le développement, les puces chinoises peinent à rivaliser avec les leaders mondiaux comme Nvidia ou AMD en termes de performance et de disponibilité. Cette situation force Pékin à assouplir temporairement ses restrictions pour permettre aux entreprises locales de répondre à la demande croissante en IA, notamment dans des secteurs comme les centres de données ou les applications grand public. Cependant, cette mesure reste conditionnelle et pourrait être révisée si les fabricants chinois progressent suffisamment pour combler l’écart technologique.

