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En Israël, l’ombre du 7 octobre 2023 « est immense »

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 29 j

Trois ans après l’attaque du Hamas et à 20 jours des élections, les Israéliens sont de plus en plus divisés..

Attaque du 7 octobre

Le 7 octobre 2023, le mouvement islamiste Hamas a lancé une attaque coordonnée sans précédent contre Israël depuis la bande de Gaza. Environ 3 000 combattants du Hamas ont attaqué par voie terrestre, aérienne et maritime, ciblant des bases militaires, des routes et des localités civiles dans le sud d'Israël. Cette attaque a causé la mort de plus de 1 200 Israéliens, majoritairement des civils, et conduit à l'enlèvement de 251 personnes. Les Nations unies ont qualifié ces actes de crimes de guerre. En réponse, le gouvernement israélien de Benyamin Nétanyahou a lancé une offensive militaire massive à Gaza, entraînant la mort de plus de 74 000 Palestiniens, principalement des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas. Les Nations unies ont évoqué des actes génocidaires, une qualification rejetée par Israël.

Guerre toujours en cours

Trois ans après l'attaque du 7 octobre, la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza se poursuit. Une trêve fragile a permis la libération des derniers otages israéliens détenus à Gaza, mais le conflit n'est pas résolu. La société israélienne reste profondément marquée par ces événements, comme le souligne Myriam Shermer, spécialiste de la politique israélienne. Elle explique que, malgré le temps écoulé, les blessures ne sont pas pansées, notamment parce qu'aucune commission d'enquête indépendante n'a été mise en place pour analyser les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque. Cette absence de réponse officielle alimente les interrogations et les tensions au sein de la population.

Commission d'enquête bloquée

L'opposition israélienne réclame depuis des mois la création d'une commission d'enquête indépendante, dont les membres seraient nommés par la Cour suprême israélienne. Cette demande vise à faire la lumière sur les responsabilités dans l'échec du 7 octobre. Cependant, Benyamin Nétanyahou s'y oppose fermement. Des allégations publiées par le journal Haaretz suggèrent que Nétanyahou aurait été informé par les Émirats arabes unis d'une opération majeure préparée par le Hamas, sans en avertir les chefs des services de sécurité. Ces accusations, niées par le Premier ministre, renforcent les critiques à son égard. David Sprecher, avocat et ancien président d'une association de familles d'otages, estime que Nétanyahou bloque cette commission pour éviter d'être mis en cause.

Élections et polarisation

Les élections législatives israéliennes prévues le 27 octobre 2026 se déroulent dans un contexte de polarisation accrue. Des proches de victimes du 7 octobre se présentent sous différentes bannières politiques, divisés entre ceux qui soutiennent la stratégie guerrière de Nétanyahou et ceux qui lui reprochent les défaillances sécuritaires. Myriam Shermer souligne que ces candidats bénéficient d'une sympathie particulière, car ils incarnent la souffrance des Israéliens. Par ailleurs, la société israélienne semble glisser vers la droite, s'éloignant de l'idée d'une solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien. Seul le parti Les Démocrates, dirigé par Yaïr Golan, défend encore cette solution, mais il ne recueillerait que 8 à 11 sièges sur 120 à la Knesset, le Parlement israélien.

Tensions communautaires

Les relations entre les communautés en Israël sont tendues depuis le 7 octobre. Les Arabes israéliens, qui représentent près de 20 % de la population, pourraient influencer l'équilibre politique à la Knesset. Une tentative d'exclure deux listes politiques arabes de l'élection, sous prétexte qu'elles nient le caractère juif et démocratique d'Israël ou soutiennent des organisations terroristes, a été bloquée par la Cour suprême. Par ailleurs, la question des haredim (juifs ultraorthodoxes), exemptés du service militaire pour des raisons religieuses, suscite des tensions. Ces derniers, dont le taux de natalité est élevé (6 à 6,4 enfants par femme), devraient représenter 16 % de la population israélienne d'ici 2030. Leur exemption du service militaire, alors que le pays est en guerre, est de plus en plus contestée.

Crise psychologique des soldats

La santé mentale des soldats israéliens est un sujet préoccupant depuis le 7 octobre. Environ 279 soldats ont tenté de se suicider entre janvier 2024 et juillet 2025, selon un rapport parlementaire. David Sprecher, avocat et fondateur d'une association de soutien psychologique aux soldats, souligne que les militaires, souvent très jeunes, sont épuisés par les guerres successives à Gaza, au Liban, en Syrie et en Iran. Il dénonce le manque de visibilité de ce problème dans la campagne électorale, malgré son ampleur. Les soldats souffrent de traumatismes liés aux combats et à l'accumulation des pertes humaines depuis 2023.

Ce que ça pourrait changer

Israël fait face à un isolement croissant sur la scène internationale. Selon le chercheur *Yaakov Katz*, son influence aux États-Unis et en Europe n'a jamais été aussi faible. Un sondage du *Pew Research Center* révèle que 60 % des adultes américains ont une opinion défavorable de la politique israélienne. Plusieurs pays occidentaux, dont le Canada, la France et le Royaume-Uni, ont dénoncé l'expansion des colonies israéliennes en *Cisjordanie* et imposé des sanctions. Cependant, Myriam Shermer souligne que ces sanctions sont perçues comme des pressions politiques par les Israéliens, car le secteur économique privé du pays reste dynamique, avec des records de ventes de *start-ups* technologiques à l'étranger. Malgré cet isolement, les électeurs israéliens privilégient la question sécuritaire lors des élections.

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