La câlin-thérapie fonctionne chez les coraux : ceux blanchis retrouvent leurs couleurs au contact d'un corail sain en seulement 5 jours
En laboratoire, des coraux blanchis amorcent un retour complet à la santé après cinq jours de contact avec un corail sain, qui leur transmet ses algues symbiotiques, selon des chercheurs de Stanford. The post La câlin-thérapie fonctionne chez les coraux : ceux blanchis retrouvent leurs couleurs au contact d’un corail sain en seulement 5 jours appeared first on Science et vie..
Des chercheurs de l’université Stanford ont publié le 14 octobre 2026 dans la revue Science Advances une étude révélant qu’un corail blanchi peut retrouver sa santé et ses couleurs en seulement cinq jours de contact direct avec un corail sain. Cette découverte a été réalisée en laboratoire sur des fragments de Pocillopora damicornis, une espèce de corail. Les scientifiques ont observé que le fragment blanchi, initialement dépourvu de ses algues symbiotiques, récupérait une couleur normale après cette période. Ce résultat suggère que les coraux blanchis ne sont pas nécessairement condamnés, contrairement à ce que l’on pensait jusqu’ici.
Le processus de récupération repose sur la transmission d’algues microscopiques appelées symbiotes, qui vivent en symbiose avec les coraux. Ces algues, généralement de type Symbiodinium, réalisent la photosynthèse et fournissent jusqu’à 90 % de la nourriture nécessaire au corail, tout en lui donnant sa couleur caractéristique. Sous l’effet de la chaleur ou du stress, ces algues produisent des toxines, ce qui pousse le corail à les expulser. Privé de ses symbiotes, le corail devient blanc et risque de mourir de faim. Dans l’expérience de Stanford, le contact direct entre un corail sain et un corail blanchi permet à ce dernier de récupérer des algues saines, qui recolonisent progressivement ses tissus.
Pour que la récupération fonctionne, le contact entre les deux coraux doit être physique et direct. Après un à deux jours de contact, les tissus des deux coraux fusionnent, formant un pont qui permet le transfert des nutriments et des symbiotes. Cette fusion est cruciale : à quelques millimètres de distance, aucun transfert n’est observé. De plus, la méthode ne fonctionne qu’entre coraux génétiquement identiques. Si les coraux sont de lignées différentes, le corail sain peut déclencher une réaction de rejet, similaire à celle observée lors d’une greffe incompatible. Le contact doit donc durer au moins trois jours pour amorcer la récupération, et cinq jours pour une récupération complète.
Bien que cette méthode soit prometteuse, son application directe sur les récifs coralliens semble irréaliste en raison de leur immensité. Les chercheurs envisagent plutôt une approche alternative : extraire des symbiotes sains, les cultiver en laboratoire, puis les réintroduire massivement dans des coraux blanchis. Cette technique pourrait contourner le problème de compatibilité génétique, qui concerne uniquement les coraux et non leurs algues. L’efficacité de cette méthode reste cependant à confirmer en milieu naturel. Les résultats obtenus en laboratoire ouvrent nevertheless de nouvelles perspectives pour la restauration des récifs, notamment dans un contexte où le réchauffement climatique et les épisodes El Niño intensifient le blanchiment des coraux.
Cette découverte intervient dans un contexte où les récifs coralliens subissent des épisodes de blanchiment à grande échelle, aggravés par le réchauffement climatique et des phénomènes comme El Niño. En 2026, un épisode El Niño intense a accéléré ce phénomène, rendant la survie des coraux encore plus précaire. Jusqu’à présent, les coraux blanchis étaient souvent considérés comme perdus, avec un taux de mortalité élevé. Les travaux de Stanford remettent en question cette idée en montrant que ces coraux pourraient être sauvés grâce à des méthodes innovantes, même si leur application reste à adapter pour les milieux naturels.

