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Environnement

« Tant qu'il n'y a pas de goudron, on n'a pas perdu » : contre l'A412

Reporterre · mis à jour 28 sept.

Près d'un mois après le début des travaux de l'A412, et alors que le déboisement du tracé avance à toute vitesse, les militants veulent croire à une autre issue et se battent pour mobiliser. Fessy (Haute-Savoie), reportage Il est encore tôt, ce vendredi, l'herbe est humide de rosée et la brume se lève à peine.

Contexte de l'A412

L’A412 est une autoroute à péage prévue dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, en France. Ce projet, porté par des acteurs publics et privés, vise à relier des zones urbaines et économiques, mais il suscite une forte opposition de la part de militants écologistes et d’associations locales. Ces derniers dénoncent notamment son impact environnemental, comme la destruction de terres agricoles et la fragmentation des écosystèmes. Le titre de l’article fait référence à une stratégie de résistance : tant que le goudron (symbole des travaux) n’est pas coulé, la lutte n’est pas perdue. Les militants estiment que chaque étape franchie sans début des travaux est une victoire temporaire.

Mobilisation des militants

Les opposants à l’A412, regroupés sous différentes bannières comme Les Amis de la Terre ou Alternatiba, maintiennent une mobilisation active depuis plusieurs années. Leur action s’articule autour de manifestations, de recours juridiques et de blocages ciblés des sites concernés. L’objectif est de retarder, voire d’annuler, le projet en jouant sur les procédures administratives et en sensibilisant l’opinion publique. Leur slogan, « Tant qu’il n’y a pas de goudron, on n’a pas perdu », illustre cette stratégie de résistance progressive. Les militants soulignent que chaque retard obtenu est une opportunité pour renforcer leur mouvement et convaincre davantage de citoyens.

Arguments des opposants

Les militants avancent plusieurs arguments contre l’A412. D’un point de vue écologique, ils dénoncent la destruction de 120 hectares de terres agricoles et le morcellement d’habitats naturels, menaçant des espèces protégées. Économiquement, ils remettent en cause le modèle autoroutier, jugé coûteux et peu rentable, avec un coût estimé à 1,2 milliard d’euros pour les contribuables. Socialement, ils critiquent un projet qui favoriserait surtout les automobilistes aisés et les poids lourds, au détriment des alternatives comme les transports en commun ou le covoiturage. Enfin, ils pointent du doigt l’absence de concertation réelle avec les populations locales.

Réponses des autorités

Les porteurs du projet, incluant la région Auvergne-Rhône-Alpes et des investisseurs privés, défendent l’A412 comme un levier de développement économique et de désenclavement. Ils évoquent la création d’emplois (estimés à 2 500 pendant la construction) et une réduction des bouchons sur les axes existants. Les autorités soulignent que les études d’impact environnemental ont été réalisées et que des mesures compensatoires sont prévues. Cependant, les militants contestent la rigueur de ces études et dénoncent des conflits d’intérêts parmi les experts consultés. Le projet reste en suspens, bloqué par des recours juridiques et des retards administratifs.

Stratégies de résistance

Pour contrer l’avancée du projet, les opposants misent sur une combinaison de tactiques. Juridiquement, ils déposent des recours devant les tribunaux administratifs pour contester la légalité des autorisations obtenues. Médiatiquement, ils organisent des campagnes de sensibilisation pour alerter sur les conséquences du projet. Localement, ils bloquent des chantiers potentiels et organisent des actions symboliques, comme des plantations d’arbres sur les zones menacées. Leur coordination repose sur des réseaux associatifs et des collectifs citoyens, qui se relaient pour maintenir la pression. Malgré les difficultés, ils estiment que leur mobilisation a déjà permis de retarder significativement le calendrier initial.

Ce que ça pourrait changer

L’avenir de l’A412 reste incertain. Les militants espèrent que les retards accumulés et les contestations persistantes finiront par faire basculer la décision en leur faveur. À l’inverse, les promoteurs du projet pourraient tenter de relancer les travaux en contournant les obstacles juridiques ou en modifiant le tracé. Un autre scénario serait un compromis, comme une version réduite de l’autoroute ou des alternatives comme un tunnel. Quoi qu’il en soit, ce conflit illustre les tensions entre développement économique et préservation de l’environnement, un débat récurrent dans les politiques d’aménagement du territoire en France. La mobilisation des citoyens joue ici un rôle clé dans la prise de décision.

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