Un «costard en kevlar» : l’affaire Bardella révèle le visage du fascisme et l’honneur du journalisme
Après les révélations de Mediapart sur les propos antisémites attribués à Jordan Bardella, Marine Le Pen a volé au secours du président du RN… tout en menaçant le journal d’investigation. «Si ces gens-là parviennent au pouvoir, les médias qui ne mettront pas un genou à terre seront leurs premières cibles», explique le directeur de la rédaction de Vert, Loup Espargilière..
Le 28 septembre 2026, le média indépendant Mediapart a révélé des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella, président du Rassemblement National (RN) et potentiel futur Premier ministre en cas de victoire électorale de son parti. Ces documents, datant de ses années de militantisme, révèlent des propos comme « Les banques sont toutes détenues par des Juifs ». Ces révélations sapent la stratégie de « dédiabolisation » du RN, qui visait à rendre le parti plus acceptable aux yeux des électeurs. Marine Le Pen, présidente du RN, a réagi en attaquant Mediapart, qualifiant ses journalistes d'« officine d’extrême gauche » et de « fanatiques », et allant jusqu’à suggérer qu’ils devraient s’équiper de gilets pare-balles (« costard en kevlar »).
Marine Le Pen a menacé les médias indépendants en déclarant que « si ces gens-là parviennent au pouvoir, les médias qui ne mettront pas un genou à terre seront leurs premières cibles ». Cette déclaration fait écho à des exemples internationaux comme la Hongrie ou les États-Unis, où la liberté de la presse a été restreinte sous des régimes autoritaires. Le RN est critiqué pour son manque de rupture avec ses racines, malgré une image plus modérée. Mediapart, connu pour ses enquêtes approfondies (affaires Cahuzac, Sarkozy, Fillon, Le Pen), est ici salué pour son rôle dans la démocratie. Le groupe Bolloré, proche du RN, a également soutenu Bardella en menant une chasse aux « taupes » au sein du parti, accusant des membres de collaborer avec les journalistes.
Jordan Bardella a été assistant de Jean-François Jalkh, un eurodéputé RN connu pour ses positions négationnistes, et a fréquenté des figures néofascistes comme Frédéric Chatillon. Son bras droit, François Paradol, a également été lié aux réseaux d’Alain Soral, une figure controversée de l’extrême droite française. Ces éléments remettent en cause l’image d’un RN « normalisé ». Le parti, qui pourrait arriver au pouvoir en 2026, est accusé de perpétuer des idées antisémites et d’extrême droite, malgré une stratégie de communication visant à séduire un électorat plus large. La France se trouve donc à un tournant politique où la liberté de la presse et les valeurs démocratiques sont directement menacées.
Mediapart a joué un rôle clé en révélant des faits importants pour le débat public, sans accuser directement Bardella de quoi que ce soit. Son travail s’inscrit dans une tradition journalistique d’investigation, de vérification et de publication de faits vérifiés. Loup Espargilière, rédacteur en chef de Vert, souligne que le journalisme est un pilier de la démocratie, particulièrement en période de montée des régimes autoritaires. L’article met en garde contre les risques pour la presse libre si le RN accède au pouvoir, citant des exemples comme la Hongrie sous Viktor Orbán ou les États-Unis sous Donald Trump, où les médias critiques ont été ciblés.
L’article se conclut par un appel à soutenir Vert, un média indépendant spécialisé dans l’urgence écologique, financé par les dons de ses lecteurs. Vert promet de rappeler les enjeux écologiques et démocratiques lors des prochaines élections, en France et ailleurs. L’objectif est de lutter contre l’amnésie collective qui pousse à élire des dirigeants aggravant les crises climatiques et sociales. L’article souligne que l’écologie doit être une priorité quotidienne, et non une préoccupation ponctuelle liée aux canicules ou aux catastrophes naturelles.

