Christine Fréchette se présente en «Capitaine Québec» capable de «traverser la tempête»
La première ministre sortante a vanté son bilan et nie toute instrumentalisation de la guerre tarifaire..
Christine Fréchette, première ministre sortante du Québec et cheffe de la Coalition Avenir Québec (CAQ), se présente comme candidate à sa réélection pour les élections de 2026. Lors d’un discours à Mont-Saint-Hilaire, elle a adopté le surnom de « Capitaine Québec » pour symboliser sa capacité à diriger la province face aux défis économiques actuels. Elle met en avant son expérience gouvernementale, notamment à l’Immigration, à l’Économie et en tant que première ministre depuis avril 2024, pour justifier cette image. Fréchette a affirmé que son parcours lui permet de « traverser la tempête » liée à la guerre tarifaire déclenchée par les États-Unis sous l’administration de Donald Trump. Elle rejette les accusations de ses adversaires politiques, qui l’accusent de vouloir effacer le bilan des deux précédents gouvernements caquistes.
Les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis s’intensifient depuis plusieurs mois, avec des représailles tarifaires croisées. Le 10 septembre 2024, la Maison-Blanche a annoncé de nouvelles mesures protectionnistes, incluant des sanctions contre des entreprises canadiennes comme Bombardier et des restrictions sur les marchés publics. Donald Trump, alors candidat à la présidence américaine, a menacé d’exclure les entreprises du Canada de certains appels d’offres fédéraux. Christine Fréchette a qualifié cette situation de « peut-être début d’une escalade » et a assuré que le Québec était protégé à court terme grâce aux « bonnes mesures » adoptées par son gouvernement. Elle a cité l’exemple de la papetière RYAM à Témiscaming, qui devrait supprimer 450 emplois en raison de ces tensions.
Face à la guerre tarifaire, Christine Fréchette a évoqué la possibilité d’interrompre l’exportation d’électricité du Québec vers les États-Unis. Cette mesure, bien que considérée, n’est pas une priorité immédiate en raison des contraintes contractuelles actuelles. La première ministre a souligné que les prix de l’électricité québécoise sont « très fermes », ce qui limite l’impact des tensions commerciales. Elle a précisé que cette option serait étudiée en fonction de l’évolution de la situation, sans exclure d’autres réponses si nécessaire. Cette proposition s’inscrit dans une stratégie plus large pour protéger l’économie québécoise des conséquences des mesures américaines.
Pour réduire les coûts et les délais de construction des infrastructures publiques comme les écoles, les garderies ou les hôpitaux, la CAQ propose de créer un « catalogue québécois de bâtiments standardisés ». Ce projet vise à éviter de « repartir à zéro » pour chaque nouveau chantier, en utilisant des plans préétablis et adaptables. Christine Fréchette a mentionné que cette approche aurait pu être bénéfique pour les Maisons des aînés, un type de construction souvent critiqué pour ses retards et dépassements de budget. La CAQ souhaite également évaluer le meilleur mode de conception (collaboratif ou public-privé) pour les projets dépassant 10 millions de dollars, et relancer le projet de loi « Q-5 » pour accélérer les grands projets.
Christine Fréchette a répondu aux accusations de ses adversaires politiques, qui lui reprochent de vouloir occulter le bilan des deux gouvernements précédents de la CAQ. Elle a défendu son action en insistant sur son expérience personnelle, notamment lors de la crise du *chemin Roxham* (un passage frontalier informel utilisé par des demandeurs d’asile) et des tensions commerciales sous l’administration Trump. Elle a affirmé ne pas *« utiliser la guerre tarifaire »* à des fins électorales, mais plutôt assumer ses responsabilités de protection des Québécois. Fréchette a également rejeté l’idée d’un titre comme *« Capitaine Canada »*, préférant se concentrer sur le Québec, tout en reconnaissant les défis économiques nationaux.

